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Daria de Martynoff

Daria de Martynoff

Insatiable quête

Daria de Martynoff sort son 4e album, “Tribu humaine”. Celle qui a tant écrit pour les autres parle avec ferveur du bonheur de la curiosité et du plaisir à se découvrir. Sur les traces trépidantes d’une écorchée vive…


Daria est l’un de ces êtres si solides et fragiles à la fois. Par nécessité. Elle a besoin de cette force pour épanouir sa sensibilité et réaliser ainsi sa fonction sur cette petite planète : fabriquer du lien. Elle a cette créativité intuitive, par impulsions désordonnées. Car point de plans de carrière, point de calculs. Non, au royaume de Daria, la spontanéité, l’authentique sont rois. Lancée seule sur son chemin à 16 ans, à tâtons, elle cherche la lumière vers l’univers de la chanson. Car c’est en la chantant, en l’écrivant, en la mettant en scène aussi bien qu’en l’enseignant qu’elle fait avancer le monde. Son égoïsme, son but à elle, c’est de peser de son petit poids dans la grande mécanique universelle. Cela passe par une autre forme de communication, basée sur la confiance et le respect, où chacun peut enfin exprimer ce qu’il est.

Une vocation humaine

Définir son parcours, voilà bien une question difficile pour Daria... qui s’est laissée guider par son ressenti et un bon instinct de survie. “Chaotique”, “éparpillé” seront ses meilleures explications. “Chez moi, le manque d’attaches est évident. J’ai reçu de mon père, un Russe déraciné, son côté idéaliste. Et ce n’est pas ma mère, fille de ces riches familles ruinées par la guerre, qui a pu m’apprendre davantage comment vivre dans cette société.”
Heureusement il lui reste la zwanze comme on dit chez nous, l’autodérision, et la fête où tous les amis se retrouvent. Ce qui l’attire ce sont les nouveaux défis, créer autrement à travers la chanson. “La démarche de coach est la même que celle d’auteur : offrir totalement son attention à l’autre et être créatif en fonction de lui. Je donne ce que j’aurais aimé recevoir.”
Dans son nouvel album, “Tribu humaine”, elle écrit pour son compte et parle alors de ce qu’elle croise, perçoit, “comme éponge de la vie”. Mais tout ça ce sont des mots. Daria se rencontre en concert.
Chaque parcelle de son visage exprime alors l’intensité des émotions qui la parcourent et qui se font miroir des nôtres. Sans concession.


DARIA DE M. EN BREF
Mon stamcafé
C’est terrible mais je passe mon temps à travailler, je ne sors plus à Bruxelles depuis des années. Les endroits où je me sens bien, c’est chez les gens que j’aime.
J’aime, j’aime pas
J'aime mes enfants, les gens d’une façon générale, le thé, les chats, le partage et la fête dans cet esprit, et puis les tiroirs de meubles, pour le rangement, même si je suis désordonnée.
J'aime pas la manipulation, la fuite, même si je peux la comprendre comme moyen de survie, avoir froid, les rapports de force ou la dépendance dans les relations, les chefs, étiqueter des êtres humains pour les mettre dans des petites cases, le désordre.
Ma tribu
Mes enfants et mes deux petits-enfants, mes frères et sœur. Je suis très fidèle en amitié, certains sont mes amis depuis plus de trente ans. Tous ceux avec qui je travaille et auxquels je me suis attachée.
Mes lieux à Bruxelles
Ce ne sont pas des lieux géographiques, ils sont ancrés dans l’affectif. Et il y a mon atelier, le “Dé à coudre” qui appartient à une conteuse…
Mon actu
La sortie de mon quatrième album, “Tribu humaine” est un événement très important pour moi. J’ai explosé le budget et je me suis explosée aussi… J’ai tout donné, jusqu’à ma santé. J’étais pleine de doutes mais j’ai été forcée de l’écouter pour retravailler dessus, chose que je ne fais jamais, et en fait je l’aime ! Côté cours, il y a ces trois stages annuels et les ateliers qui continuent bien sûr. Et puis une mise en scène au printemps pour Maurane et des projets d’écriture mais ça, il est trop tôt encore pour en parler. www.dariademartynoff.com. Cours et ateliers : youpyjechante@yahoo.fr
Ma musique
A son image, multiforme, “C’est un peu n’importe quoi car j’aime mélanger tous les styles musicaux, comme mes textes qu’il ne faut pas toujours prendre au 1er degré. Si on me met dans un tiroir, forcément je vais sortir.


B.B.(St.)

Ici. “Je suis née, j’ai aimé, j’ai vécu vingt ans avec un homme, parfois quelques heures avec beaucoup d’autres, j’ai eu deux enfants”. Vous l’aurez compris… elle n’aime pas les dates.
1er avril. C’est loin d’être une plaisanterie mais la naissance de Daria, née sous le signe de l’humour.
1981. Cette année-là, elle sort son premier album “Le seul courage que j’ai” et Maurane son premier 45 tours, dont elle a notamment écrit la chanson “J’me roule en boule”. Il marque le début d’une complicité exceptionnelle.
1983.“ Je suis terrienne”
1998.“ Histoires d’A.”
2001. Sa première “mise en scène” est pour Maurane. Grâce à l’extraordinaire confiance qu’elles partagent, elle peut alors se lancer dans cette aventure à sa façon, comme “une accoucheuse”.
2006. Sortie de son 4e album, “Tribu humaine”.
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