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Partir pour mieux revenir...
Aurélie vous racontait son voyage en Asie du Sud-Est chaque semaine dans La Tribune. Nous l’avons rencontré à son retour. Comme elle, ils sont de plus en plus nombreux à réaliser un rêve : partir sur les routes pour aller à la rencontre d’autres choses, d’autres aussi…Aurélie vous racontait son voyage en Asie du Sud-Est chaque semaine dans La Tribune. Nous l’avons rencontré à son retour. Comme elle, ils sont de plus en plus nombreux à réaliser un rêve : partir sur les routes pour aller à la rencontre d’autres choses, d’autres aussi…
En juillet 2009, elle a décidé de partir. Presque comme ça. Une impulsion, qui s’est muée très vite en évidence : le lendemain ou presque, elle a pris son billet pour Calcutta. Départ en octobre 2009 pour l’Inde d’abord puis des mois de voyage, seule, en Asie du Sud-Est. Aurélie Vankerkoven, la jeune fille dont vous pouviez lire les "Carnets de voyages" depuis début janvier 2010 ici même dans La Tribune de Bruxelles, est rentrée le 10 juillet dernier. Nous ne pouvions pas ne pas revenir sur cette aventure que vous étiez nombreux à suivre, chaque semaine, et qui a fait réagir nombre d’entre vous. Cette jeune femme de 28 ans originaire de Mons mais installée à Bruxelles était professeur de français et serveuse le week-end au Mezzo, dans le centre-ville. Une vie bien rythmée, des amis, de la famille. Mais dans la tête, des envies de voyage depuis toujours et l’Inde en ligne de mire. "J’avais une amie adoptée qui venait de Calcutta, elle me racontait sa ville et Calcutta m’attirait comme un aimant. Quand j’ai décidé de partir, je ne pouvais aller que là pour débuter !" Depuis septembre, Aurélie a retrouvé le chemin de l’école : elle enseigne en secondaire aux Arts et Métiers à Anderlecht et continue à travailler le week-end au Mezzo, pour voir autre chose et gagner plus d’argent pour venir se réinstaller à Bruxelles. Et s’il lui arrive d’avoir envie d’autre chose professionnellement, elle sait pourtant que sa vie, ses racines sont ici. Le voyage lui a montré le chemin ! Pour vous, elle revient sur ses neuf mois en Asie du Sud-Est.
Pourquoi es-tu partie ? J’ai toujours eu des envies de voyage, de partir pour voir complètement autre chose… Mais comme beaucoup de monde, je pense. C’était au fond de moi mais, bien sûr, je me mettais des barrières : je dois faire ça, et puis les cours, et après, je ferais quoi ? Etc. Un soir de barbecue, dans un jardin, j’ai reparlé de cette envie, et un ami m’a demandé pourquoi je ne me lançais pas. J’ai commencé par sortir mes “bonnes raisons” et soudain, je me suis dit : "Et pourquoi pas ?" J’ai pris un billet pour Calcutta avec un retour ouvert. Et je me suis mise à travailler pendant trois mois comme une dingue au bar pour me faire de l’argent. J’ai payé 600 € pour mon billet d’avion aller-retour et j’avais 5 000 € d’économies. J’avais décidé de revenir quand je n’aurai plus rien.
Premier arrêt : Calcutta. Cela a été un choc ? Le 5 octobre, après quelque 6 heures d’avion, je suis arrivée dans la ville que je voulais voir par-dessus tout. Tout le monde m’avait prévenue que le choc allait être rude : le bruit, les odeurs, la foule, la pauvreté, la crasse… Mais au fond de moi, je devais m’être préparée : j’ai débarqué de l’aéroport dans un autre monde, certes mais moi aussi, j’étais autre. J’étais prête, j’étais décidée, j’étais heureuse d’être là. Je n’avais rien préparé, alors le Lonely Planet en main, j’ai trouvé une guest-house. J’ai rencontré d’autres personnes qui faisaient le voyage. Là, j’ai réalisé que j’étais en plein dans mon rêve.
Tu y retourneras une deuxième fois, pour repartir vers la Belgique… Oui et c’était bien car c’est vraiment la ville qui m’a le plus bouleversée et où je suis restée le plus longtemps : près d’un mois et demi plus dix jours, puis à nouveau deux semaines. Et j’y retournerai bientôt d’ailleurs, pendant mes vacances… C’est une ville à part où le rapport humain est très différent : par exemple, quand je suis revenue, les mendiants m’ont reconnue et comme le fait de revenir dans leur ville leur montre qu’on l’aime, ils ne te “harcèlent” plus, ils t’acceptent. J’ai aussi enseigné le français là-bas à des gens extraordinaires, qui m’ont touché au cœur…
D’après ce que l’on pouvait lire, tu as rencontré beaucoup, beaucoup de monde. Voyager seule, ce n’est pas se sentir seule, c’est vraiment une ouverture à la rencontre. Ce voyage, ce n’était pas des vacances, j’avais envie d’aller à la rencontre des gens du pays, de mieux comprendre, de me plonger dans d’autres cultures. Alors je voyageais comme eux, je vivais comme eux. J’ai eu plein de rencontres fortes, des amitiés intenses, d’autant plus que mon départ y mettait fin. Et dans les coups durs, il y avait toujours quelqu’un pour m’aider. Et puis bien sûr, il y a aussi les autres voyageurs : beaucoup d’Anglais, de Français mais peu de Belges, on est un petit pays, ça se voit même là ! On se racontait nos aventures, on se donnait des conseils, on parlait de nos vies d’avant. Ca fait du bien aussi.
Aller à la rencontre des autres, c’est facile ? Non, pas toujours ! Parfois, il faut faire un effort pour être dans la communication. Cela dit, c’est très simple de s’adresser aux autres, d’être “inclue” car, dans la culture indienne ou asiatique, les gens vivent dans la rue, ils mangent dans la rue, prennent leur petit-déj. Moi, je faisais pareil, je prenais un tchai dans un des nombreux petits stands et hop, c’est parti, les gens te parlent.
Tu n’as jamais eu peur ? Franchement, non. C’est un endroit du monde "secure"; d’ailleurs, beaucoup de filles voyagent seules en Inde et en Asie du Sud-Est. Le rapport à l’autre n’est pas le même. Un jour, un homme vient vers moi, me prend la main et commence à me lire les lignes de la main. Puis il la serre, plante ses yeux dans les miens et me dit : “Ton corps est un temple, prends-en soin” et il part. Sans rien me demander… Une autre fois, dans un train bondé en Inde, j’étais sans cesse frôlée par des mains… baladeuses. Le trajet n’en finissait pas, je n’en pouvais plus. Un homme m’a fait signe, il m’a emmené dans un compartiment “première classe” et m’a parlé, pour me dire que j’étais forte, que j’allais réussir à surpasser ça. Ca m’a fait un bien fou, j’allais mieux…
Que t’a appris ce voyage ? J’ai des souvenirs pour toute une vie bien sûr ! Mais aussi on apprend beaucoup sur soi. J’ai vraiment pu m’apercevoir que j’avais une force en moi que je ne pensais pas avoir. Et je sais maintenant tout à fait où est ma vie. Je savoure la facilité et je veux vivre pleinement ma vie ici.
Comment s’est passé le retour ? Mon esprit a certainement travaillé pour moi : deux mois avant le retour, je ne me voyais pas du tout rentrer mais quand est arrivé le moment, j’avais envie. Ma famille, mes amis me manquaient et surtout, j’étais fatiguée de voyager et encore plus fatiguée de dire adieu, de m’arracher à des gens qui m’avait accueillie et que je savais ne plus jamais revoir. C’était de plus en plus dur… A nouveau, arrivée à l’aéroport en Belgique, j’ai "switché", c’est très curieux d’ailleurs : je suis redevenue moi à l’occidentale en quelque sorte. Et j’ai fait une surprise à mes parents en allant les rejoindre sur leur lieu de vacances ! J’étais heureuse…
Retrouver le goût de l’enseignement à Niamey Cela fait 7 ans que Julie est institutrice. Mais à 27 ans, elle décide de mettre de la distance entre elle, Bruxelles, ses élèves et l’enseignement belge. Elle s’engage pour quatre mois dans l’ONG nigérienne “VIE – Kande Ni Bayra” (www.viebayra.org).
Qu’est-ce qui t’a décidé à partir ? J’ai toujours été tentée par la découverte d’autres structures pédagogiques, principalement en Afrique. Tout a commencé avec l’élaboration de mon mémoire de fin d’études pour lequel je suis partie avec une autre étudiante à Brazzaville. A cette époque, je me sentais encore trop jeune et trop peu expérimentée pour entreprendre une longue aventure en solitaire. Ce n’est pas évident de s’adapter à une culture totalement différente. Mais après 7 années de bons et loyaux services dans l’enseignement primaire, je me suis renseignée pour savoir où je pourrais être utile ailleurs. Une démotivation dueà l’enseignement en Belgique et à l’absence de motivation des élèves m’a poussée à faire ce choix.
A quoi pensais-tu le jour du départ ? Le 5 septembre va rester gravé dans ma mémoire. Le stress m’a envahie. J’ai pensé à l’année écoulée, à tous les préparatifs pour le voyage et à la recherche d’organismes prêts à m’accueillir. Le long trajet en train puis en avion m’a laissée tout le temps pour réaliser ce qui m’arrivait. En sortant de l’avion, j’ai été saisie par la chaleur infernale et le paysage poussiéreux. Heureusement, les personnes qui m’ont accueillie ont été charmantes et réconfortantes. Je suis directement partie à la découverte de Niamey et de ses habitants. J’ai pu profiter de mon arrivée une semaine avant la fin du ramadan pour en apprendre plus sur la religion musulmane.
En quoi consiste ton travail sur place ? Pour le moment, le rythme est très lent. Les deux premières semaines, mon travail a été principalement de nature administrative, mais les gens sont plus actifs depuis la fin du ramadan. Je ne m’occupe pas directement d’enfants. Dans un premier temps, j’ai pris connaissance des projets et objectifs de l’ONG. Pour le moment, j’observe les démarches pédagogiques et l’élaboration des programmes d’études. Et, dans un futur proche, je vais également m’occuper d’écoles non formelles, créées pour offrir un accès à l’enseignement accéléré aux enfants les plus démunis. J’ai besoin de travailler, d’être occupée, c’est dans ma nature.
Diarios de bicicleta
 Céline et Gatien ont quitté Bruxelles pour partir 6 mois à vélo dans les Andes. Avec un site internet pour raconter et sensibiliser aux merveilles de la nature…
Pourquoi cette décision de partir ensemble, dans les Andes ? Nous aimons beaucoup les paysages montagneux et relever les défis. Nous avions envie depuis très longtemps de réaliser ce rêve à deux : partir à l’aventure à vélo. Les Andes, ce sont les indiens boliviens, les gauchos argentins, les vignes entre Salta et Mendoza, le maté, le Salar d’Uyuni, et puis, c’est la mentalité latino, le sens de l’accueil, les paysages de Patagonie, la diversité des vallées et une langue qui les unit : l’espagnol. Et le climat ! Pas une goutte de pluie depuis notre départ.
A vélo, ce n’est pas trop dur ? Le vélo nous permet de voyager à notre rythme. C’est un super moyen de déplacement pour rencontrer les gens et pour apprécier les paysages. En fait, le plus dur à vélo, ce n’est pas les montées… ce que certains pourraient croire ! Une montée, on la voit de loin, on voit sur la carte le dénivelé et on sait que souvent une descente nous attend ! Ce qui est dur à vélo, surtout dans les Andes, c’est le vent : on ne sait jamais s’il va souffler ou pas, ni de quel côté ni pour combien de temps il soufflera.
Où êtes-vous actuellement ? Nous sommes actuellement dans la province de La Rioja. Aujourd’hui (15 septembre, ndlr) nous sommes dans le parc national de Talampaya, parc avec de grands canyons (classé patrimoine mondial de l’Unesco). Nous y logeons cette nuit sous tente, au milieu de ce désert où poussent cactus et où le zorros est roi. Nous avons déjà pédalé 2 350 km depuis le début. Nous espérons être à San Juan d’ici 5 ou 6 jours. La Rioja est une région connue pour son vin et ses olives.
Quel a été le moment le plus fort pour vous, pour l’instant ? Il y a eu beaucoup de moments forts : l’arrivée sur le lac Titicaca, le volcan Sajama, les vignes de Cafayate, la quebrada de Humahuaca, la quebrada de las conchas… mais celui qui restera sans doute le plus surréaliste : c’est celui d’avoir traversé le Salar d’Uyuni à vélo et d’y avoir planté la tente. Nous étions seuls au monde sous un ciel magnifique.
Un voyage comme ça, ça donne foi en l’être humain, non ? La rencontre avec les gens est d’autant plus forte à vélo. Ils s’intéressent à nous, nous invitent spontanément à boire le maté, ils nous encouragent. C’est toujours dans les moments les plus difficiles que les rencontres sont les plus intenses. Voyager pour témoigner de ce que vous voyez et en fait, pour faire un geste pour la planète, c’est un projet que vous aviez depuis longtemps ? Oui, partir à l’aventure pendant plusieurs mois et être témoin des merveilles de la planète étaient un double rêve depuis longtemps. A Bruxelles, nous avons une bibliothèque remplie de livres de voyageurs et d’aventuriers. Nous avions envie de devenir ces aventuriers qui hantaient nos rêves !
www.celetgasbybike.be Céline était chargée de mission depuis 4 ans pour l’asbl GREEN (asbl d’éducation au développement durable), Gatien travaillait dans le domaine commercial pendant 5 ans. Si Céline reprendra son job en janvier prochain, lui cherchera autre chose. En partant ainsi, le couple voulait vivre un aventure mais aussi découvrir des projets qui unissent les hommes à la terre et à la nature, rendre visite “à des personnes qui oeuvrent pour que la terre tourne rond” et à des écoles. Et de partager cette philosophie de vie à travers un site où amis, écoles et internautes peuvent les suivre... C’est sur www.celetgasbybike !
E.W. & Nicolas Rozen
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