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Arnaud Bastien, en transit pour la transat
Bruxellois pur sucre, Arnaud Bastien s’est sportivement “embourgeoisé” et n’a pas le pied marin, même s’il rêve de bateau depuis tout petit. Ce fondateur d’une société de coaching, mise entre parenthèses, y croit pourtant dur comme fer : vouloir, c’est pouvoir. Son défi ? Participer tout simplement à la Route du Rhum 2010. Trois semaines de course transatlantique en solitaire, avec pour seul bagage actuel la foi qui soulève les montagnes.
La crise prolongée a déjà eu raison de bien des soutiens déclarés aux prémisses de ce projet peu conformiste. A commencer par le secteur des sponsors et celui des institutions financières, ne lâchant plus de crédits que pour des projets classiques et, surtout, parfaitement raisonnables. Après avoir manifesté leur intérêt, d’autres ont tourné casaque, comme une partie de l’entourage préparant physiquement Justine Henin. Depuis la mise en route, fin 2007, de ce projet de (très grand) dépassement de soi, le club des sceptiques et des détracteurs s’est également bien plus étoffé que celui misant sur la réussite de “Challenging The Extreme”. Car de challenge, il en est, ici, réellement question : il s’agit, après avoir mis en place logistique, préparatifs et préparations impératives, de prendre part à l’une des plus prestigieuses courses de voile de la planète : la Route du Rhum 2010, en octobre et novembre prochains. Ce qui revient à franchir, en quelque vingt-sept jours, la distance séparant Saint-Malo de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) sans autre bagage qu’une “base sportive” et, jusqu’ici, “deux semaines de catamaran accomplies lors d’un stage de voile en vacances”. Même si le règlement autorise des “aides à la navigation extérieures” et de l’électronique embarquée, il faudra parcourir ces 6 500 km en solo, en se jouant de tous les pièges d’un océan qui s’est déjà refermé sur quelques intrépides pourtant autrement aguerris…
Tabarly-adulateur
Beaucoup s(er)ont tentés de qualifier le jeune olibrius de mystificateur suicidaire ou de candidat illuminé à l’acte gratuit. “Rien de tout cela”, soutient pourtant en substance le récipiendaire. Simplement – comme dans le core business de sa petite boîte de coaching –, la volonté absolue d’aller au bout de soi-même et de réussir un parcours initiatique, permettant de jauger jusqu’où l’on est capable d’aller pour réaliser un rêve caressé depuis quasi son premier lange.
De la trempe d’aventurier
“J’ai eu en effet une éducation à l’ancienne, super stricte. Le leitmotiv de mes parents était invariable : on n’a rien sans rien, donc tout ce que tu veux, travaille pour. Depuis tout petit, je rêve pourtant de faire du bateau. Et vouloir, c’est pouvoir, si l’on s’en donne les moyens et si on travaille dur. Des gens ont déjà relevé des défis semblables, comme les traversées océaniques à la rame ou en catamaran de sport non habitable en dix-huit jours ! En réussissant… Le défi est radical, mais pas impossible.” Admirateur inconditionnel d’Eric Tabarly, par livres, revues et télévision interposés, Arnaud Bastien aura attendu pratiquement trente ans pour débuter cette passion qui l’a déjà conduit à “réaliser plusieurs traversées complètes de la planète… dans ma tête”. Fin 2007, le Bruxellois profite de toute une série de recentrages personnels particuliers s’imposant à lui pour mûrir ce singulier défi. Celui-ci s’articulera au sein d’une course mêlant volontairement skippers professionnels – de la trempe de Florence Arthaud – et amateurs.
Mains dans le cambouis
L’année dernière, Arnaud Bastien franchit quelques paliers supplémentaires en vendant la plupart de ses biens accumulés au cours de la décennie suivant sa sortie d’école sup’. Et en se remettant avec assiduité au sport en salle et au grand air. “Plus de parachute, de parapente ou d’escalade comme lorsque j’avais 20 ans, mais de la cardio, du vélo et de la course à pied en forêt de Soignes, au départ du Rouge-Cloître. Je n’ai gardé qu’un BlackBerry, un PC et un de mes vélos triathlon. Et j’ai élu domicile, le plus souvent, dans la salle de bain de mon meilleur ami Didier.” Depuis, le trentenaire cherche un bateau et 365 000 € de budget à réunir pour rendre l’aventure viable. Ses team partners idéaux ? Le prévisionniste Luc Trullemans (RTL-TVI), routeur à succès de loin en loin de quelques trompe-la-mort comme Bertrand Piccard (premier tour du monde en ballon sans escale de l’histoire) et divers aéronautes concourant en montgolfière, et un certain Richard Branson, milliardaire excentrique et amateur de projets hors normes.“Un tel budget, pour des gens comme lui, c’est peanuts.” Malgré – ici et là – quelques creux de la vague enregistrés, Arnaud Bastien joue son propre coach. Le plus pressant, désormais ? Boucler un stage personnalisé d’initiation de quelques mois à la traversée à la voile, en compagnie d’un skipper breton chevronné. “Le plus souvent, mon état d’esprit est comme lorsque j’ai créé, après une décennie dans le commercial, ma propre boîte de recherche sur le potentiel humain en déposant l’acte nécessaire chez un notaire : soit ça marche, soit… ça marche !”
Focus - Intrigué ou intéressé par le projet d’Arnaud Bastien ? Infos : 0495 16 50 16. info@challengingtheextreme.com Sites web : www.challengingtheextreme.com www.arnaudbastien.com (début février 2010)
 La Route du Rhum, une course mythique dont ce sera la 9e édition le 31 octobre 2010.(Ph. Yvan Zedda – Banque Populaire)
Philippe Golard
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1er juin 1975: Naissance à Bruxelles, cadet d’une famille de trois.
Décennie 90: Grandit à Woluwe-Saint-Pierre, où il alterne collège huppé et école publique. Puis enfile une candi en histoire de l’art “terminée en Egypte” et deux années de philosophie (ULB).
2000-2003: Bosse pour une grande institution bancaire tout en bouclant un cycle de marketing management en horaire décalé à l’EPHEC.
2003-2004: Part aux Etats-Unis pour parfaire sa formation en PNL (programmation neuro-linguistique) et gestion du stress. Il y suit les stages de “peak performance coaching” d’Anthony Robbins, coach de stars du tennis (Agassi, l’une des sœurs Williams) et de certains hommes d’Etat (Clinton, Gorbatchev).
Fin 2007-2010: Lâche quasi tout pour se focaliser, par paliers successifs, sur son projet “Challenging The Extreme”. |