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Les Super Filles du Tram

Cuisine : snack/cantine
Les Super Filles du Tram, voilà un nom qui donne envie d’en goûter plus. Malheureusement, sur place, c’est la totale déprime. Quand cuisine ouverte rime avec grand n’importe quoi.

Avant d’évoquer cette adresse foutraque, offrons-nous un petit détour de finesse et de poésie. Dans “A la recherche du temps perdu”, œuvre majeure, Marcel Proust consacre plusieurs chapitres à un thème qui lui est cher : la différence qui existe entre le nom et la chose. Pour Proust, le nom est prétexte à d’infinies rêveries. La sonorité d’un mot recèle tout un univers qui en général digère mal la confrontation avec le réel. Trop cher Marcel, il a tout dit, tout ressenti avant les autres. La preuve, près de nonante ans avant que l’on pousse la porte des Super Filles du Tram, il avait déjà décrit la déconvenue qui serait la nôtre. Sauf qu’ici, celui qui a mal digéré la confrontation avec le réel. c’est nous. Petite chronique d’un very bad trip façon “la madeleine était grasse”.

Live cooking version dark side

On ne sait pas trop pourquoi, on s’attendait à ce que ces Super Filles du Tram livrent une adresse inventive et pile poil dans l’air du temps. A la place, on s’est pris un plan adipeux sur le coin du palais. On y entre un midi et l’on se réjouit de voir l’adresse bondée, ce qui en général est bon signe. On pousse le museau jusque dans la salle du fond. Quelques coups d’œil à gauche et à droite permettent de comprendre qu’on ne s’est pas trop embêté avec la déco. Grande fresque au mur et récup à gogo, ça sent bon le kot étudiant. Perso, on n’a rien contre. Là où ça devient plus gênant, c’est qu’on a choisi la place juste à côté de la cuisine. D’habitude, une cuisine ouverte, c’est une bénédiction qui permet de regarder les alchimies culinaires s’effectuer en live. Pas de pot, on a eu droit au revers de la médaille, soit les coulisses de mécanos de la bouffe. C’est pas que les cuistots n’avaient pas l’air sympa, au contraire, c’est qu’ils bossaient dans un grand bordel peu appétissant, entre caisses de frites surgelées et hotte aux abonnés absents. Sans oublier la cerise sur le gâteau : la vue sur raie à chaque fois que ce qui ressemblait au second passait sous le comptoir pour rejoindre la cuisine.
Après ça, autant dire qu’il faut envoyer du solide pour restaurer la confiance. Les hamburgers sont la spécialité de l’endroit. Du coup, on tente le “kefta” avec scarmozza et sauce yaourt qui graisse bien les doigts (12 €). Pas terrible, mais bon, si on le compare avec les frites indignes de ce nom qui marinent dans un pot de fleurs – original, non ? – qui sert de cornet... Assez perdu de temps, pas de raison de rester plus longtemps : c’est pas bon, gras, l’atmosphère est poisseuse et le service même pas sympa. Adios.

Ouvert du lundi au samedi de 12h à 14h30 et de 19h à 22h, le dimanche de 12h à 17h.

Wasabi
(Ph. Fany D’Hauwe, st.)
Les Super Filles du Tram (*)
Rue Lesbroussart, 22
1050 Ixelles
02/648 46 60