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La Caneva
Cuisine :
cuisine italienne
On le tient enfin ce restaurant italien dont on rêvait. A la Caneva, non seulement tout est bon mais en plus on ne se moque pas du monde.
Après quelques expériences malheureuses relatées en ces pages, on désespérait un peu de trouver le restaurant italien idéal. Bien sûr, on avait déjà quelques plans dans le carnet d’adresses – le Caffè al Dente, Sale Pepe Rosmarino ou le Senza Nome - mais l’idée était de faire une nouvelle découverte. Une découverte qui se tiendrait loin des deux écueils trop souvent rencontrés. A savoir : d’un côté, une nourriture formatée qui trahit allègrement la cuisine italienne ; de l’autre, d’excellents plats gâchés par un méchant manque de professionnalisme au niveau de l’accueil – entre additions surprises et patrons forts en gueule.
Bingo !
Maintenant qu’on le tient, on ne le lâchera plus ! Le restaurant s’appelle La Caneva. En dialecte vénitien, cela signifie “la cave à vins”. Situé près de la Grand-Place, l’endroit réussit le grand écart en attirant tant une clientèle de passage qu’une horde d’inconditionnels. Pour cela, la Caneva joue sur deux registres. D’un côté une carte classique qui décline tant escalopes qu’Osso bucco – l’un des meilleurs de Bruxelles –, de l’autre une série de suggestions qui font la part belle à la région natale du patron, Ruggero Zanon.
Né à Trévise, son goût le porte tant vers la montagne que vers les produits du littoral. Bigoli au ragoût de canard – un vrai délice - sopa coada, spaghetti alla buzara… autant de spécialités peu représentés sous nos latitudes.
Le bon plan consiste à venir ici en laissant carte blanche à Ruggero, tant en matière de plats que de vins. A la fois sommelier et maître fromager, il a tout compris en proposant des crus vifs et minéraux qui battent en brèche le cliché de vins italiens dominés par l’alcool et le soleil. On aime son air placide et sa fidélité au pays même si avec les années il s’est fait au compromis à la Belge : “Avant je n’aurais jamais servi un osso bucco ou une escalope avec des pâtes, aujourd’hui je le fais car j’estime que ce n’est pas ma cuisine qui est insultée ; en revanche, si l’on me demande un carbonara avec de la crème, c’est non ! La prostitution a des limites… »
A cette belle approche, on ajoutera un cadre chaleureux où règne un efficace feu ouvert – même s’il est au gaz – qui fait particulièrement mouche en cette saison. Côté addition, on s’en sort à 25-30 euros le couvert. On ne les regrette pas.
Ouvert tous les soirs, de 19h à 23h.
Wasabi
La Caneva (****)
Rue des Grands Carmes, 9
1000 Bruxelles
02/512 34 47.
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