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Le premier grand sondage politique exclusivement bruxellois mesure la popularité des acteurs politiques, jauge les matches qui se préparent dans 5 communes phares et prend la mesure des sujets dont parlent les Bruxellois.


Charles Picqué, véritable incarnation du fait régional auprès des Bruxellois, arrive facilement en tête de notre sondage, tant en opinions favorables, dans la balance nette entre bonnes et mauvaises opinions et en taux de notoriété. Même si c'était attendu, il confirme cependant son statut de personnalité la plus appréciée de la capitale. A quelques encablures, en 2e position, le chef de l'opposition Jacques Simonet qui réalise un très beau score. Sa zwanze et son sens de l'humour le rendent incontestablement sympathique dans le coeur des Bruxellois. La triste actualité autour de la mort de Joe et son discours clair en matière de sécurité lui ont manifestement permis de grappiller quelques suffrages également. Une deuxième place qu'il peut fêter comme un... titre que "son" Sporting vient de ravir.

Milquet, première femme
Sur la troisième marche du podium, la présidente du cdH Joëlle Milquet, très présente dans les médias, qui surfe habilement entre son rôle d'opposition au fédéral et le travail abattu par ses ministres au niveau régional. Elle profite aussi du vote féminin en tête de classement, où elle est la seule femme à figurer et à réellement émerger. Sa position ferme en faveur de la famille dans les récents débats éthiques semble avoir aussi rassuré son électorat naturel. Son gros score à Bruxelles-Ville laisse en tous cas augurer de quelques crispations avec le PS dans la constitution de la future majorité. Viennent ensuite les valeurs sûres et stables du monde politique bruxellois : le ministre Armand De Decker, candidat au maïorat à Uccle : sa grande stabilité et son sens d'homme d'Etat se confirment d'année en année. Sa récente trouvaille en matière de service civil volontaire pour répondre à une certaine déresponsabilisation chez les jeunes semble avoir fait mouche ; Didier Gosuin, qui a été ministre pendant 15 ans, jouit d'un incontestable réservoir de sympathisants. Il apparaît aussi comme une personnalité consensuelle et pragmatique; Philippe Moureaux, le patron des socialistes bruxellois, un des pères fondateurs de la Région, qui fait un gros score dans les communes du nord et de l'ouest de Bruxelles, malgré ses positions idéologiques parfois tranchées : apprécié ou détesté, il ne laisse que peu de Bruxellois indifférents. Belle septième place pour le ministre de l'Emploi et de l'Economie Benoît Cerexhe, fort actif dans l'Exécutif bruxellois. Perçu comme une personnalité volontariste dans ses domaines de compétences, il réalise un excellent score dans son fief de Woluwe et occupe la 2e parmi les membres du gouvernement.
Des personnalités bien affirmées
A la 8e place, le sénateur Alain Destexhe, parlementaire au profil atypique, dont le franc-parler, le travail d'enquête et l'indépendance d'esprit sont clairement appréciés par les sondés. Complètent ce top 10, François-Xavier de Donnea, certes en retrait mais qui garde toujours une belle popularité et Olivier Maingain, que personne n'attendait à cette place. Sa fermeté sur plusieurs questions de principes dans un climat de regain des crispations institutionnelles semble cette fois payer. Rayon surprises, les beaux scores d'Isabelle Durant pour Ecolo, notamment dans les communes survolées par les avions, dossier dans lequel elle avait vu juste avant tout le monde. Son côté radical séduit manifestemment un public de plus en plus large; ceux de Francis Delperée (13e), toujours très clair dans ses interventions et personnalité que les sondés semblent avoir situé "au-dessus de la mêlée" et de Bernard Clerfayt, (15e), juste derrière sa rivale néoschaerbeekoise Laurette Onkelinx (dont le score est plutôt décevant, avec un taux élevé d'opinions défavorables). Le bourgmestre de Schaerbeek bénéficie lui de la médiatisation de l'arrivée de la Vice-Première en terres schaerbeekoises pour pouvoir exprimer sa différence et s'affirmer dans le coeur des Bruxellois.
Mampaka et Laanan, les bonnes surprises
Parmi les excellences du gouvernement, la secrétaire d'Etat Françoise Dupuis devance d'une courte tête sa collègue ministre Evelyne Huytebroeck. La secrétaire d'Etat au Logement est une des rares personnalités à ne pas réaliser un gros score dans son fief (Uccle). Elle séduit par contre plus dans les bastions socialistes "historiques". Parmi les plus novices, à noter la belle 24e place de Bertin Mampaka et la 25e de Fadila Laanan, tous deux réalisant de beaux scores dans leurs fiefs bruxellois et anderlechtois respectifs. De l'importance de leurs scores personnels pourrait dépendre l'orientation des coalitions dans leur commune. N'entrent pas dans ce Top 25 : le secrétaire d'Etat Emir Kir, seul membre francophone du gouvernement à ne pas y figurer et quasi tous les députés-bourgmestres, dont l'assise reste essentiellement locale et qui ne s'affirment pas comme des personnalités régionales. Ainsi, les bourgmestres d'Evere, de Ganshoren, de Koekelberg, de Jette, de Berchem, d'Ixelles, de Boitsfort et d'Etterbeek sont perçus comme privilégiant leur commune à leur travail régional.
Vanhengel, premier flamand
Côté néerlandophone, le premier est Guy Vanhengel, 36e, qui fait le plein de voix flamandes et un score d'estime côté francophone où il n'est pas perçu comme un «excité» linguistique. Il devrait devenir ainsi le nouveau «Chabert» bruxellois, si ses amis flamands le laissent faire. A noter aussi les scores honorables de Pascal Smet et d'Annemie Neyts, qui ratissent aussi au-delà de leur appartenance linguistique. Rayon impopularité, Bert Anciaux décroche la palme avec un score presque stalinien dans les communes densément survolées par les avions. Il devance l'ancien commissaire de Schaerbeek, Johan Demol, élu du Vlaams Belang, qui réussit malgré ses opinions nationalistes et flamingantes, une percée côté francophone. Suivent Laurette Onkelinx, peu appréciée par les sondés néerlandophones, qui présente une balance nette défavorable entre bonnes et mauvaises opinions (sa récente arrivée à Schaerbeek semble ne pas (encore ?) porter ses fruits) et Brigitte Grouwels, pas vraiment connue pour sa modération en matière linguistique.

BAUDOUIN PEETERS
LES MATCHES
A la veille des élections communales d’octobre, nous avons demandé aux habitants de cinq communes bruxelloises à enjeux (Bruxelles-Villes, Schaerbeek, Anderlecht, Woluwe-Saint-Lambert et Forest) quelle personnalité souhaiteraient-ils voir accéder au maïorat. Il en ressort que les personnes sondées semblent préférer des personnalités bien ancrées dans leur commune plutôt que des figures politiques « parachutées ». Ensuite, il ne suffit pas d’exercer des fonctions à un niveau de pouvoir plus élevé pour voir sa popularité grandir. La bonne gestion communale implique une présence de tous les jours sur le terrain en adéquation avec les besoins réels de la population, selon les intentions exprimées par les sondés. En ce qui concerne les sujets de discussion les plus abordés par les Bruxellois, il n’est pas étonnant que le meurtre de Joe Van Holsbeeck et les questions de sécurité figurent en tête. A noter aussi une certaine préoccupation en matière de hausse du chômage et de difficultés pour trouver un logement. Le bruit des avions, quant à lui, préoccupe fortement les Bruxellois dans les communes survolées. Quant à la fête de l’Iris, elle ne passionne guère : elle figure bonne dernière...
Bruxelles-Ville
L’arrivée de la cdH Joëlle Milquet fera-t-elle de l’ombre au parti socialiste qui est la formation dominante dans l’actuel Olivier (PS-cdH-Ecolo). Avec un quart des intentions de vote, elle est en tout cas dans le sillage du maïeur qui lui en totalise 27. Il est indéniable que Freddy Thielemans conserve une popularité certaine. La libérale Marion Lemesre qui emmènera la liste de rassemblement « Renouveau bruxellois » (avec l’arrivée de 5 socialistes, dont les deux échevins Carine Vyghen, une « faiseuse » de voix, et Jean-Baptiste De Crée) est créditée de 20% des intentions de vote. Henri Simons, le médiatique échevin Ecolo, ne récolte, quant à lui, que 9%. Sa note de notoriété est toutefois supérieure à celle de Marion Lemesre.
Schaerbeek
Après le sondage publié récemment par la « DH », celui de la Tribune confirme la tendance en l’atténuant quelque peu : l’actuel bourgmestre FDF Bernard Clerfayt confirme sa popularité et « bat » une nouvelle fois Laurette Onkelinx parachutée dans la cité des Anes malgré sa fonction de ministre fédérale et l’arrivée sur sa liste du populaire échevin Jean-Pierre Van Gorp, transfuge du FDF. En extrapolant, les personnes sondées semblent apprécier la politique de la majorité actuelle dont fait partie d’ailleurs le PS au même titre que le parti Ecolo. En terme de notoriété, ils font jeu égal mais le bourgmestre recueille davantage d’opinions favorables... Par ailleurs, l’Ecolo Isabelle Durant, ex-ministre fédéral, réalise un très bon score (17%).
Anderlecht
Le duel entre le libéral et actuel maïeur d’Anderlecht Jaques Simonet et le socialiste Eric Tomas tourne à l’avantage du premier. 41% des personnes sondées lui font confiance contre 35% pour le président du Parlement bruxellois. L’ancien ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale est plus connu qu’Eric Tomas et bénéficie de plus d’opinions favorables. Le tonitruant Simonet qui arpente sans cesse les rues de sa commune a fédéré ses troupes : après quelques frictions, les élus FDF, Jean-Jacques Boelpaepe en tête, figurent sur la liste bilingue du bourgmestre. Une alliance des deux ennemis de 30 ans est-elle envisageable ? Jean-Jacques Boelpaepe n’en exclut pas l’idée...

Woluwe-Saint-Lambert
Dans ce face-à-face passionnant, Danielle Caron l’échevine rebelle qui a réuni sur sa liste « Cap Woluwe » les principaux partis de l’opposition est opposée au « poids lourd » Olivier Maingain dont la liste « 100% Woluwe» est poussée par l’actuel bourgmestre Georges Désir. Verdict : ils sont au coude à coude avec toutefois un avantage infime (1%) pour la députée-échevine dont l’assise locale constitue, sans aucun doute, un atout. Les sondés veulent-ils un changement radical et rompre avec la politique menée pendant 30 ans par Georges Désir dont le village culturel Wolubilis au coût important pour la commune en aurait écœuré plus d’un ? En tout cas, le suspense reste entier !

Forest
A Forest, c’est une histoire de femmes ! La bourgmestre libérale Corinne de Permentier qui comptera sur sa liste l’échevine cdH Catherine van Zeeland caracole en tête : elle est créditée de 44% des voix. Contrairement aux dernières élections, elle creuse l’écart avec la socialiste Magda De Galan, qui a déjà revêtu l’écharpe maïorale. Loin derrière, l’Ecolo Evelyne Huytebroeck, bien que ministre régionale de l’Environnement, ne récolte que 10% des voix et souffre d’un manque de notoriété par rapport aux deux autres. En termes de liste, une alliance PS-Ecolo pourrait ménager le suspense...

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