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À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, “La Tribune”
ouvre le robinet des Bruxellois. C’est au coeur de la Wallonie,
à Modave, Mons ou Vedrin, que la capitale puise à la source.
Au début des années 1880, le roi Léopold II organise un grand concours scientifique à travers tout le pays. Le défi lancé à ses compatriotes ? Trouver le meilleur moyen pour alimenter Bruxelles en eau potable, tout en tenant compte de l’augmentation de sa population. Car la question se pose avec acuité. Avec la croissance démographique et l’évolution de la consommation, les fontaines aux coins des rues deviennent largement insuffisantes. C’est un châtelain, à l’autre bout du pays, qui va effacer les craintes et remporter la compétition. Paul Van Hoegarden propose à l’État belge d’exploiter l’eau des sources présente sur sa propriété, à proximité de son château. Un petit détail. Elle est située à plus d’une centaine de kilomètres au sud de la capitale, à Modave, exactement. Il faudra donc amener l’eau via des canalisations souterraines (voir ci-dessous). “Pourquoi aller si loin ? Parce qu’il n’y avait pas d’autres endroits possibles plus près, tout simplement, explique Roland Pétry, cantonnier en chef du captage de Modave, propriété de l’Intercommunale bruxelloise des eaux (Cibe). À Bruxelles, il existe bien deux points d’eau situés dans la forêt de Soignes, ou au bois de la Cambre. Mais leur capacité est beaucoup trop limitée. À eux deux, ils produisent 6600m³ par jour !”. Soit deux millions de mètres cubes par an, une goutte dans les 70 millions de m³ épuisés chaque année par les Bruxellois. Au fil du temps, Bruxelles met aussi à profit les zones sablonneuses du Brabant wallon : Plancenoit, Vieux-Genappe, Braine-l’Alleud… Là encore, le débit est insuffisant. “Plus la demande a été importante, plus on a dû aller loin”, résume Roland Pétry.
80 000 m³ par jour Et qu’importe que la zone de Modave soit le point d’eau le plus éloigné de la capitale, c’est d’abord la plus grande station de captage d’eau souterraine de tout le pays. Elle produit de 53 000 à 83 000m3 par jour, 20% de ce que consomment les Bruxellois. L’or bleu de l’Iris provient donc, en partie, de l’écrin de verdure de la vallée du Hoyoux. Et de sa nappe aquifère, blottie au coeur de ce qui est devenu 450 ha de réserve naturelle. Comme dans ses 26 points de captage qui amènent l’eau au Bruxellois, la Cibe s’est efforcée d’acquérir un maximum de terrains aux alentours des sources. “Repousser les activités le plus loin possible permet d’éviter la pollution. Elle peut provenir des terres agricoles ou des citernes de mazout particulières.” Deux fois par jour, les cantonniers testent l’eau pour vérifier le taux de chlore et la turbidité, c’est-à-dire la clarté de l’eau. “Nous avons des appareils. Mais rien ne vaut l’expérience : le regard, et le goût. Pour la tester, il suffit simplement de la boire !” Même si l’eau de pluie n’est pas potable quand elle tombe du ciel, elle le devient après avoir été filtrée par la pierre. “Totalement naturel ! Et avec un prix de base de 0,80 € le m3, c’est 500 fois moins cher que de l’eau en bouteille !” L’eau de la nappe aquifère, qui en déborde “comme d’une éponge trop saturée”, est collectée par six kilomètres de galeries creusées à même la colline. Mais ce système (le plus efficace et économique), n’est pas le seul. Bruxelles boit aussi l’eau des sources émergeant à Genappe, celle extraite de puits, comme à Waterloo et Zaventem ou encore celle qui s’accumule dans les carrières de Ligny ou Écaussinnes. La Cibe fabrique également l’eau potable. À Mons, l’usine de Taillefer transforme la sombre Meuse en or bleu et répond à 30%des besoins aquatiques bruxellois. Et à Vedrin, la Cibe capte, traite et pompe des eaux d’une ancienne mine de pyrite, dont l’exploitation remonte au XVIIe siècle. Les activités minières avaient dû s’arrêter, pour cause… d’envahissement par les eaux.
Photos : Bénédicte Maindiaux, Christophe Bortels et DR.
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PRATIQUE
Une journée dans le monde entier Depuis 1993, l’Organisation des nations unies a baptisé le 22 mars Journée mondiale de l’eau. Elle invite chaque État à mener ce jour-là des actions de sensibilisation auprès du public, liées à la conservation et au développement des ressources en eau. Cette année, la journée inaugurera la décennie internationale d’action “L’eau, source de vie” qui courra de 2005 à 2015.
Balade à l’eau Balade-découverte de 3 installations techniques de l’IECBW (Intercommunale des eaux du centre du Brabant wallon) dans la région de Villers-la-Ville, le 20 mars, de 10 à 18 heures. Visite du réservoir de l’Arbre de la Justice (rue du 43e Régiment d’infanterie, à côté de l'antenne de l’Otan), de la station de pompage de Sart-Messire-Guillaume (rue de l'Arbre de Justice) et du puit de Sainte Gertrude. Parcours pédestre de 7km. 067/280 111
L’écrin vert de l’or bleu La réserve naturelle du château de Modave sera le cadre d’activités gratuites “à la découverte de l’or bleu”, ce dimanche 20 mars. A 8h30, balade à la découverte des oiseaux d'eau. De 11 à 17h, visites commentées de l’espace didactique “Au fil de l’eau”, et de la station de traitement des eaux usées. Jeu interactif sur le thème de l’eau et dégustation d'eau au bar-à-eau du monde. Organisation : Centre régional d’initiation à l’environnement, tél. : 085/613611 www.criedemodave.be
Des eaux du monde La Didier, de Fort-de-France, est réputée pour ses vertus digestives. Les 750 millilitres de la Cloud Juice contiennent 9750 gouttes d’eau de pluie australienne. Dans l'Ogo allemande, l’adjonction d’oxygène facilite la circulation sanguine. Les eaux de la boutique de Thierry Beyens ont des vertus aussi variées que leur provenance. Comptez entre trois et dixeuros le litre si vous voulez tester de l’H2O exotique, en cette journée de l’eau. Show-room accessible sur rendez-vous: chaussée de Stockel, 423 à 1150 Woluwe-Saint-Pierre Tél. : 02/7700039
Usine aquatique Le 20 mars, la Cibe ouvrira plusieurs de ses bâtiments. Le site d’Havré (Mons) sera accessible au public. Cette usine rassemble et traite les eaux provenant de différents puits creusés dans la craie. L'asbl Cap Sciences animera des ateliers scientifiques et ludiques pour les enfants de 5 à 12 ans. De 10 à 18h, rue des Cheminots, 22 à 7021 Havré. Cibe: Compagnie intercommunale bruxelloise des eaux, rue aux Laines, 70 à 1000 Bruxelles 02/5188111, www.cibe.be
Station de secours L’usine Cambre permettait de remonter et de pomper les eaux des galeries de la forêt de Soignes et de Braine l’Alleud jusque dans les zones élevées de la capitale. À présent, elle sert de système d'appui pour Uccle et Forest. L’usine Cambre accueillera aussi une exposition d’objets utilisés par les techniciens de la Cibe, au long de son siècle d'existence. De 10 à 18 h. Usine Cambre, avenue Lloyd George à 1000 Bruxelles
Un réservoir signé Poelaert Le réservoir d’Ixelles assure la réserve en eau nécessaire à la zone la plus basse de la ville, soit 30 000 m³/jour. Une vanne y régule l’arrivée des eaux en provenance de Braine, du bois de la Cambre et de la forêt de Soignes. On y mesure aussi le débit, le niveau, la qualité de l'eau... Le réservoir d'Ixelles fut conçu par l’architecte Poelaert en 1855. Il accueillera aussi une exposition d’archives et de photos récentes, illustrant l’évolution de la production et de la distribution d’eau. Réservoir d’Ixelles, à l’angle de la rue de l’Ermitage et de la rue du Couvent. De 10 à 18 heures, le dimanche 20 mars.
Son poids en bouteilles au musée Le musée de l’Eau et de la Fontaine est installé depuis 15 ans à Genval. Un musée unique consacré à l'histoire de la distribution de l’eau, l’histoire des fontaines, et qui a aussi pour but de sensibiliser à l'importance de l’eau dans notre vie. Et pendant tout ce mois, il est possible d’y gagner son poids en eau minérale! Lors de la visite, il suffit de remplir le formulaire adéquat, de le déposer dans l’urne prévue à cet effet et d'attendre le tirage au sort qui aura lieu le 31 mars. Av. Hoover, 63 à 1332 Genval (Rixensart). Tél. : 02/6541923 WE: de 10h à 18h. Semaine: de 9h30 à 12h et de 13h30 à 16h30 Téléphoner au préalable
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