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Dossier


La Tribune des Quartiers : saint-Job

saint-Job : Nos cinq adresses

Un esprit d'indépendance

La belle commune d'Uccle, au sud de la Région bruxelloise, s'est développée à partir de plusieurs entités. L'une d'elles était le hameau de Saint-Job. Le village rural faisait en réalité partie de la seigneurie de Carloo qui était indépendante tout comme celle de Stalle. « Carloo » signifierait un coin de bois dénudé. L'historien Jean-Marie Pierrard rapporte aussi une légende qui expliquerait l'origine du mot: « D'après elle, c'est Charlemagne qui, de passage à Uccle à l'occasion de la consécration de l'égilse Saint-Pierre par le pape, donna son nom à Carloo qui se traduirait alors par « bois de Charles ». Mais au nom de ce domaine, les habitants lui préfèrent celui de Saint Job, personnage biblique représentant la souffrance et considéré comme le modèle de la patience. La chapelle de Carloo était consacrée à ce saint. Le nom de Saint-Job ne fut cependant officialisé qu'en 1835.

Sur la place de Saint-Job, le centre du hameau, il y eut donc un château. En réalité, trois y furent construits successivement; des fouilles archéologiques en ont révélé leurs fondations. C'est à la fin du XVIIIe siècle que les seigneuries de Carloo et de Stalle sont unifiées à l'ancien village duccal d'Uccle. Mais les habitants gardent leur esprit d'indépendance. On rapporte que les Saint-Jobois ne se sentaient pas ucclois. Lorsqu'ils allaient au centre de la commune, ils disaient aller à Uccle.
Au XIXe, ce grand domaine est dans les mains de la baronne Vander Noot et de son époux, le prince Louis Lamoral de Ligne. « Dans les années 1880, relate J.L. Lechat dans « Souvenirs d'Uccle », Léon Hamoir acheta la part de leur héritage comprise entre les chaussées de Saint-Job et de Warterloo: elle se composait de plusieurs fermettes, des ruines du château de Carloo, d'une église dédiée à Saint-Job et de 33 hectares de prairies... ».

Les chasseurs de « prinkères »: de joyeux lurons

A la construction du Palais de Justice, de nombreux habitants sont venus s'installer à saint-Job (tout comme dans le quartier du Chat près de la rue des Carmélites). Au fur et à mesure de son développement (chaussée de Saint-Job, rue du Ham, vieille rue du Moulin...), l'animation s'intensifie. Il faut dire que Saint-Job comptait nombre de cafés et de salles où avaient lieu des fêtes mémorables. Il y avait notamment la salle du maçon François « Susse » van Campenhaut: « Au Vieux Saint-Job » ou encore « Aux fleurs du houblon », le café de son cousin. On peut encore citer « L'Abreuvoir », les salles de la Maison Blanche et Lemaire et la salle de l'Elysée. Cette dernière abritait dans son arrière-salle des réunions clandestines des socialistes. Elle était située Montagne de Saint-Job, une adorable petite rue qui mène à la Vieille rue du Moulin en passant par le chemin Avijl. A l'époque, les endroits où se rincer le gosier étaient légion! C'est à la Maison Blanche que venait répéter la fanfare « L'Echo du bois » fondée le 2 février 1861 par Antoine Dandoy. Quant à « L'Abreuvoir », c'était le lieu de rassemblement annuel des chasseurs de prinkères (hannetons). « Les chasseurs partis de Bruxelles arrivaient à Saint-Job fatigués; ils allaient se ruer à l'Abreuvoir pour se remplir l'estomac et écumer les pompes à bière de Saint-Job », raconte-t-on dans la revue « Saint-Job, mon village » édité par le Comité de Protection et de Rénovation de la Montagne de Saint-Job. Santé!

Un quartier sous pression

Tout comme le Coin du Balai à Watermael-Boitsfort, le quartier de la place de Saint-Job est devenu très prisé et les prix immobiliers se sont envolés. Ce sont particulièrement les petites maisons de la pittoresque Montagne de Saint-Job et des chemins avoisinants qui sont les plus convoitées. Et puis, ce coin d'Uccle offre des avantages non négligeables: un réseau de communication performant avec une ligne de train qui bénéficiera bientôt d'une halte RER au Vivier d'Oie, toute la panoplie des commerces de proximité, des restos, une vie sociale animée avec le marché hebdomadaire, la brocante, la foire (plus que centenaire)... et, enfin, la proximité de la Forêt de Soignes! De quoi attirer les promoteurs immobiliers: un clos de 7 maisons baptisé le village Saint-Job est d'ailleurs en cours de construction sur la chaussée de Saint-Job, à deux pas de la place.
Depuis longtemps, le quartier essaie de résister aux pressions de toutes sortes risquant de dénaturer l'aspect authentique de ce « village ». Déjà au début du 20e siècle, un projet prévoyait un boulevard circulaire ceinturant le sud de la capitale en traversant le quartier de Saint-Job. Heureusement pour les habitants, il fut abandonné.

Prairies et potagers

Aujourd'hui, ce qui mobilise les riverains, c'est le projet de lotissement du plateau Avijl, un coin vert de près de 9 hectares, niché sur les hauteurs de la place Saint-Job. Délimité par les rues Benaets et Wansijn, la Montagne Saint-Job et la Vieille rue du Moulin, le site offre un paysage bucolique avec ses petits chemins, ses bois, ses prairies et ses potagers. Ici, pas de promoteur, c'est la commune d'Uccle, propriétaire du terrain, qui envisage la construction de 200 logements (au lieu de 300 comme prévu initialement). La moitié sera constituée de logements répondant aux critères sociaux et l'autre de logements moyens (avec un prix en dessous du marché). Pour les autorités communales, il est impératif d'attirer des jeunes ménages dans la commune et par conséquent d'augmenter l'offre de logements à des prix décents. Pour les riverains, ce projet tel que défini dans un plan (PPAS 28 ter) aboutirait à la destruction de près de la moitié des prairies et potagers du plateau. Ils contestaient notamment la percée d'une nouvelle voirie au départ de la Vieille rue du Moulin jusqu’au cśur du plateau, ressentie comme « un coup de poignard qui détruit l'aspect villageois du quartier. Avec des habitations de 3 à 4 niveaux ». En  avril dernier, la commission de concertation a toutefois demandé de modifier certains aspects du projet de manière à rencontrer certaines revendications exprimées par les habitants, comme celle de supprimer cette voirie. Les constructions seront également concentrées sur le pourtour du site


Hugues Prion Pansius

1) Le Badminton club de Saint-Job

C'est dans une ancienne école devenue par la suite un commissariat que se trouve ce centre sportif. Les terrains de badminton se situent à l'arrière.

Place de Saint-Job
www.bc-stjob.be



2) Le marché

Voilà déjà 20 ans que ce marché convivial a lieu sur la place de Saint-Job. Fruits et légumes, fleurs, volailles, poissons, bijoux, textiles.... il y en a pour tous les goûts. Il a lieu tous les lundis de 8 à 13h. Précisons également que la place accueille depuis six mois une brocante, chaque premier dimanche du mois.


3) Le biocorner

Manger sain, c'est décidément à la mode. Ce magasin d'alimentation, ouvert le dimanche, ne propose que des produits biologiques. Amateurs de sodas aux couleurs rouge et blanc, passez votre chemin...

Place de Saint-Job, 24


4) L'imprimerie

Ce restaurant-bar est devenu au fil des ans un des lieux les plus sympas et branchés d'Uccle. Il y a d'abord le cadre qui allie l'esthétique à la fonctionnalité. Particularité: la bierre y est brassée dans de grandes cuves de 600 litres. Selon votre envie, vous y dégusterez la Stout, l'Eckla, la Double export ou la Blanche de Saint-Job. Les Flammekuches, ou pizzas alsaciennes, sont l'une des grandes spécialités de la maison. Certains soirs, l'ambiance y est de feu...

Chaussée de Saint-Job, 666


5) Le Kauwberg

Zone verte protégée d'un peu plus de 50 hectares, le Kauwberg qui domine la vallée de Saint-Job représente un véritable bol d'air pur en pleine ville.
L'association SOS Kauwberg qui depuis 20 ans se bat pour sauvegarder ce site semi-naturel y organise régulièrement des promenades. La prochaine balade (mycologique) aura lieu ce dimanche 14 octobre. Le rendez-vous est fixé devant le cimetière, avenue de la Chênaie, 125.

www.kauwberg.be
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