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Comment avez-vous atterri dans ce bout du monde? L’habituelle histoire du mariage mixte: j’ai rencontré Gaetano, chercheur italien à Louvain-la-Neuve. Il y a trois ans, il a obtenu un poste de professeur universitaire en Italie. Et comme je suis flexible et curieuse, on a pris nos affaires, on est partis et on s’est mariés à Rome l’an dernier.
Que faites-vous dans ce pays ? J’ai fait plusieurs métiers alimentaires dans le marketing, et comme attachée de presse. Mais l’écriture journalistique restait une passion et la gastronomie est devenue mon principal centre d’intérêt. J’ai suivi un master en journalismeoeno-gastronomique. Et depuis, j’écris pour quelques revues italiennes spécialisées, et je collabore avec une maison d’édition milanaise au sein de laquelle paraîtra bientôt des livres de cuisine réalisés par mes soins. Accessoirement, je publie mes recettes sur mon blog de cuisine qui reçoit désormais entre 1000 et 1200 visiteurs uniques par jour.
Que vous manque-t-il de Bruxelles, de la Belgique? L’organisation ! A tous les niveaux. Rome est assez désorganisée, qu’il s’agisse du trafic, de l’administration ou de la vie en général. Et à l’inverse de Bruxelles où tout est à portée de main, ici il faut parfois se résigner à perdre une demi-journée rien que pour faire une course à l’autre bout de la ville…
Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées en vous installant là ? Les difficultés romaines – pour les étrangers autant que pour les Italiens – concernent principalement le logement, le travail et les finances. Le marché immobilier romain a connu un boom invraisemblable. Du coup, acheter un appartement en périphérie devient une entreprise très difficile, surtout compte tenu des salaires qui sont nettement plus bas qu’en Belgique. Ensuite, Rome est une ville décidément patriarcale, une ville qui vit d’intrigues et de népotisme, et du coup, le travail se trouve via les connaissances, et moins souvent par le biais du système un peu plus transparent des annonces!.
A-t-il été facile de s’intégrer socialement? A Rome, les relations sociales et les amitiés sont importantes. Les couches sociales sont clairement établies et avoir les “bonnes” connaissances est capital, surtout si on a, comme moi, des ambitions qui concernent le journalisme et l’édition. Heureusement, nous avions déjà un réseau d’amis avant d’arriver et il a été assez facile de le développer.
Avez-vous été confrontée à de grandes différences culturelles ? J’avoue que je me sens plus nordique depuis que je suis en Italie : il semblerait que nous, Belges, avons des moeurs un peu plus ouvertes. Peut-être est-ce dû au fait de la grande imprégnation du catholicisme en Italie, au niveau social et politique… Les différences culturelles, elles, se marquent au Sud, moins dans les grandes villes.
Qu’est-ce qui vous a frappé en arrivant dans ce pays? Le côté extraverti des Italiens : les gens se parlent, sans se connaître. Il n’est pas rare que, dans le bus, se développent des débats politiques ou que l’on fasse connaissance avec des passagers. Une manière de se sentir une personne et pas un numéro, même dans une métropole comme Rome.
Comptez-vous rentrer un jour à Bruxelles ? Je ne crois pas. Bien sûr j’ai des moments de découragement, face à l’administration, l’assistance sanitaire ou même la politique... Ce qui me fait voir la Belgique comme un pays de cocagne. Ceci dit, l’Italie a ses bons cotés…
LDO
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