logo tbx La Tribune de Bruxelles

La Tribune de Bruxelles n° 224 - Paru le JEUDI 31 MAI



TBX n° : 224
DOWNLOAD PDF

Europe

Pêche : qualité rime avec durabilité

D’où viennent les moules que vous vous apprêtez à déguster ? Et le saumon que vous venez de commander, a-t-il été élevé sans danger pour l’environnement ? Saviez-vous que plus de la moitié des stocks de requins grands migrateurs et deux tiers des stocks d’espèces comme le merlu, la morue, le flétan, le requin pèlerin et le thon rouge sont soit surexploités soit appauvris ? Et que ces chiffres, bien qu’à peu près stables depuis 15 ans, confirment que le potentiel de capture des océans de la planète a vraisemblablement atteint son plafond ? Bref : manger du poisson ou des fruits de mer est devenu compliqué.

Les ressources s’épuisent


Le problème ? De par le monde, l’appétit pour les produits de la mer grandit sans cesse. Les ressources, elles, s’effondrent. Et si l’aquaculture se porte bien, elle est également confrontée à des enjeux majeurs. De toutes ces questions s’occupe la Direction générale de la Pêche et des Affaires Maritimes de la Commission européenne (DG FISH), depuis 2004 sous la responsabilité du commissaire maltais Joe Borg. Sa mission principale : gérer la politique commune de la pêche, instaurée en 1983 et actuellement en pleine évolution. Aujourd’hui, le défi majeur s’appelle “durabilité”.

Quotas et maximas


Pour la DG FISH, cela veut dire avant tout promouvoir l’utilisation de tous les moyens déjà à disposition en ce domaine à commencer par les mesures de conservation et de gestion des ressources halieutiques telles que la fixation des quantités maximales de poissons pouvant être capturés chaque année ; l’utilisation des mesures dites techniques (largeurs des mailles des filets, engins de pêche sélectifs, délimitation des zones de pêche et limitation des captures accessoires) ; la fixation de l’effort de pêche (jours d’activité en mer des navires de pêche) ; l’identification du nombre et type de navires autorisés à opérer.
Depuis 2002, des plans de reconstitution pour les stocks inférieurs aux limites biologiques tolérables (cabillaud et merlu du Nord) et de gestion pour les autres stocks, peuvent être mis en place. Le secteur de la pêche est lui aussi aidé à s’adapter et à se moderniser par le biais du Fonds européen pour la Pêche (3,8 milliards d’euros entre 2007 et 2013 pouvant également servir au développement de l’aquaculture). Les accords de pêchesavec les pays tiers doivent pour leur part empêcher la surpêche dans le reste du monde, tout en permettant aux pêcheurs de l’Union de pêcher dans des eaux lointaines.

Un continent maritime


Enfin, concernant l’application des règles, il reste beaucoup à faire s’il est vrai que le mépris des mesures est l’une des premières causes de la surpêche.
70 000 km de littoral ; la moitié de la population vivantdans des régions côtières (qui représentent plus de 40% de sa richesse) ; 90% de son commerce extérieur et plus de 40% de son commerce intérieur qui se font par mer ; la plus grande flotte marchande du monde... Vous avez deviné, c’est l’Europe. Mais les mers et les océans qui bordent notre continent ne sont pas inépuisables.
Depuis quelque temps, à la DG FISH on cherche à élaborer un projet européen pour les mers et les océans en s’appuyant sur une approche intégrant les différentes politiques sectorielles (industries et transports maritimes, zones côtières, recherche, production d’énergie en mer, pêche, conservation de l’environnement etc.). Un projet ambitieux, tourné vers l’avenir.

SILVIA FORNI -
(TBX n° 224, Page 8, paru le 2007-05-31)

Retour au Sommaire du n° : 232