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La Tribune de Bruxelles n° 224 - Paru le JEUDI 31 MAI



TBX n° : 224
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Enquète: le quartier Midi

Mohammed Mouniati : “La commune m’a découragé de vendre à 6 millions de francs belges”

Le cas particulier de Mohammed Mouniati montre qu’en ce qui concerne le quartier du Midi, on a affaire à l’un des plus gros scandales immobiliers qui promet de coûter des millions d’euros en dommages et intérêts à la Région de Bruxelles-Capitale.
Quand je suis arrivé ici en 1970, c’était un quartier magnifique !”, constate Mohammed Mouniati, 77 ans, petit propriétaire, ouvrier pensionné, d’origine marocaine. “J’ai travaillé toute ma vie dans des sociétés métallurgiques et des fabricants de pièces détachées puis chez Citroën Forest pour pouvoir m’acheter cette petite maison rue de Norvège à Saint-Gilles. Depuis le début des années 90, la commune m’explique que je ne dois pas rénover ma maison, juste rafistoler temporairement l’intérieur, car ils vont bientôt la démolir. Une société étrangère m’avait offert 6.000.000 de francs belges à cette époque mais la commune m’a découragé de vendre en me disant qu’elle allait de toute façon racheter ma maison à un meilleur prix et qu’il valait mieux ne pas vendre à des sociétés étrangères. Quand je constate que les mêmes personnes m’offrent aujourd’hui environ 100.000 euros, je regrette de les avoir écoutées. A ce prix, il m’est impossible d’acheter une maison, ni même un appartement à Bruxelles ! Je suis prêt à partir dès demain si on me donne de quoi me racheter une maison ailleurs”, soupire-t-il, désabusé .
Mohammed Mouniati, sa femme et ses quatre enfants vivent depuis 15 ans dans un chantier permanent. La famille n’a aucune raison de s’accrocher à cet endroit : bruit, poussière, risques de vandalisme, saleté et incendies,... l’environnement dégradant cause de nombreux problèmes de sécurité et de santé aux riverains. Désespéré, le vieux Mouniati vit quotidiennement les conséquences d’une longue menace d’expropriation. “Je m’excuse d’être pauvre et si la justice m’expulse un jour sans compensation, j’irai moi aussi avec ma famille planter une tente à la gare du Midi où je demanderai à ma femme de préparer du couscous populaire”, explique avec son fort accent l’ancien travailleur immigré. En réalité, notre homme est victime, sans vraiment le savoir, des effets pervers d’un incroyable plan secret mis en pratique par les plus hauts responsables de la région bruxelloise.... M.K. -
(TBX n° 224, Page 2, paru le 2007-05-31)

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