A l’issue de la réunion du comité de concertation qui a réuni jeudi dernier le gouvernement fédéral et des entités fédérées, le Premier ministre Guy Verhofstadt a déclaré qu’il défendait désormais un retour au fédéral de la compétence des normes de bruit. Car pour lui, c’est le seul moyen d’arriver à un accord dans le dossier interminable des vols des avions au-dessus de la capitale puisque les Régions bruxelloise et flamande ne peuvent s’entendre. Peu l’ont signalé : le vice-premier ministre Didier Reynders, président du MR, a également laissé entendre qu’il faudrait référaliser la compétence des normes de bruit “
puisque les ministres-présidents n’arrivent pas à se mettre d’accord”. Pourtant, plusieurs mandataires… MR s’y opposent catégoriquement. “
P
lutôt que proposer des choses totalement farfelues et face à l’incapacité des gouvernements bruxellois et flamand à se mettre d’accord, a souligné Didier Gosuin.
Le
Premier ministre et son ministre de la Mobilité feraient mieux d’appliquer unilatéralement les décisions de création d’un organisme de contrôle indépendant et la réalisation d’un réel cadastre du bruit”. Il semble en outre difficilement concevable que le Fédéral impose une norme aux Régions sans tenir compte de leurs revendications.
Les différentes associations de riverains de l’aéroport n’ont évidemment pas manqué de réagir. Pour le président de l’Union belge contre les nuisances des avions (UBCNA), Jacques Vandenhaute, il est hors de question d’envisager de toucher au décret Gosuin. “
Refédéraliser les normes de bruit des survols d’avions n’arrangerait en rien l’épineux problème du plan de dispersion de Bert Anciaux. Guy Verhofstadt, une fois de plus, arrive comme un carabinier d’Offenbach et continue à mélanger les 725000 € d’astreintes déjà dues suite à l’utilisation scandaleuse de la piste 02 et les astreintes à réclamer dès le 10 mai 2007 pour un éventuel dépassement des normes de bruit du décret Gosuin”. A ses yeux, la solution passe par l’adoption par la Flandre des mêmes normes et valeurs que l’arrêté Gosuin qui n’a engendré de dépassements des seuils de bruit qu’à l’occasion de 5000 décollages sur 125000 en 2006.
Pour Awacs, l’association de riverains de communes de la périphérie est de l’aéroport, “
t
ant que l’on n’aura pas le courage politique de mettre un point final au plan de dispersion de Bert Anciaux (plus de 20 procès) il n’y aura aucune solution possible”. Pour l’association, les propos de Verhofstadt, cautionnés par Didier Reynders, montrent à suffisance qu’il n’y a aucun courage politique veillant à solutionner le problème de manière durable. “
La fédéralisation des normes de bruit doit être interprétée comme leur disparition”, a-t-elle conclu. -
(TBX n° 220, Page 2, paru le 2007-05-03)
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