Il a une franche poignée de main et un sourire amical lorsqu’il vous accueille dans son magasin de sport de la rue de Formanoir, à deux pas de la place de la Vaillance. Georges Heylens est arrivé dans le quartier juste après son service militaire, en 1961. Il a vingt ans et de l’énergie à revendre. Bien que tout jeune titulaire de l’équipe première d’Anderlecht, il décide d’y ouvrir un magasin de sport. Un peu avant, il s’est marié avec Marie-Françoise, redoutable danseuse de rock rencontrée à l’Eldorado à l’époque où tous les espoirs du foot belge s’y retrouvaient. Ils ont eu un fils, Stéphane, aujourd’hui associé au sein de l’entreprise familiale.
Combativité
Tout a vraiment commencé à 16 ans, à l’époque où Henri Meert, gardien emblématique du club d’Anderlecht, était chargé de l’entraînement des jeunes. L’homme était dur mais juste. “Hé, ket, viens un peu là… Tu vas me cirer les chaussures. Et moi je vais t’apprendre ton métier.” La photo de l’entraîneur trône aujourd’hui encore sur le bureau de Georges Heylens. Car c’est comme ça qu’il voit la vie : combativité, travail, mérite sont les valeurs qui font sens pour lui. Le défenseur latéral droit a fait toute sa carrière de joueur à Anderlecht, remportant 7 titres de champion de Belgique. Il a aussi été 67 fois Diable Rouge, y compris à la coupe du monde au Mexique en 1970. Sans oublier sa longue carrière d’entraîneur qui le mena de Braine à Lille, en passant par le Maroc et la Turquie. Mais les choses n’ont pas toujours été faciles. Quelques mois après ses débuts comme international, une phlébite tourne mal et on lui annonce qu’il devra être amputé de la jambe. Son club le prend en charge et l’envoie chez un spécialiste qui se risque à lui administrer des produits nouveaux, venus des Etats-Unis. Les soins dureront plus de six mois, mais sa jambe sera sauvée.
C’est également sur blessure que se termine sa carrière, en finale, contre le Standard. Et après un match contre le même Standard que sa femme, enceinte de 7 mois, est violemment renversée par un supporter du camp adverse. S’ensuivront plusieurs mois d’hôpital après la naissance de l’enfant.
Ces épreuves ont endurci l’homme et le joueur. “Heylens”, comme l’a toujours appelé le président Vanden Stock, est un battant. Mais c’est aussi un homme de cœur. Combien de fois n’a-t-il pas sorti une paire de chaussures de foot de son magasin pour un joueur qui ne pouvait pas se les payer ? Il a toujours été bon, Georges, sur le terrain comme dans la vie…
H.v.b.
(st.
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(TBX n° 211, Page 17, paru le 2007-03-01)
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