Tous les analystes en conviennent : plus il y a concentration des membres d'une seule communauté "sensible" et plus il y a danger. Ce n'est pas stigmatiser cette communauté que de constater ce fait social, culturel à l'heure de la pandémie terroriste. Et à Bruxelles, aussi, cela pose problème à l'honnête homme.
Lui dire la vérité, ce n'est pas le pousser à l'hystérie. A l'inverse, la lui cacher ou minimiser les faits, c'est laisser la porte ouverte aux doutes, aux rumeurs, aux mensonges, à l'indignation et à la peur.
L'honnête homme bruxellois aimerait qu'on le traite en citoyen adulte - quelle que soit sa condition sociale. Il en a par-dessus la tête de ce néopaternalisme prétendument égalitaire qui lui répète que tout va bien quand rien ne va, dans sa vie comme dans sa ville, et qui n'arrête pas d'invoquer le miracle du "signal fort".
L'extrême droite ne s'adresse pas non plus à l'adulte qu'est l'honnête homme mais à ce qui reste de primitif et d'infantile en tout homme.
Ce sont là deux paternalismes déplacés, l'un qui espère la paix, l'autre qui vise la guerre, et qui utilisent la même arme : le mensonge. La maladresse, l'immaturité, le provincialisme même peuvent expliquer ces maux. Mais l'heure est grave et l'honnête homme bruxellois aimerait que l'on cesse de l'inciter à participer à cette Zinneke Parade malsaine.
P.SAM -
(TBX n° 179, Page 12, paru le 2006-06-22)
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