Arrivée à maturité, Nathalie Uffner peut jeter un regard serein sur son passé et sur ce qu'elle a accompli. Ses rêves d'enfant ont été réalisés, sans exception. "En vouloir plus serait presque indécent!", confie-t-elle. "Dans mon idéal, je me voyais travailler dans le monde du spectacle, soutenue par ma famille et mes amis d'enfance. C'est le cas aujourd'hui."
Depuis son entrée dans le métier de la scène, neuf ans lui auront été nécessaires pour ouvrir son théâtre, le seul théâtre privé non subventionné de Bruxelles. Et cela fait maintenant dix ans que l'aventure continue avec des hauts et des bas... comme souvent. Elle en tire pourtant un bilan satisfaisant. Cette longévité est due en partie à sa qualité première: l'écoute. "Travailler dans ce milieu si imprévisible nécessite d'être toujours en état d'alerte. Il faut rester ouvert au monde et à son époque, afin d'éviter d'être dépassé. Je suis toujours fascinée par les jeunes qui arrivent dans le métier et qui proposent des idées modernes et révolutionnaires. Cela permet de se remettre continuellement en question. C'est l'un des plus beaux aspects du monde du théâtre."
Cette année, Nathalie a fêté avec toute sa bande les dix ans du théâtre de la Toison d'Or. Un événement qui lui a permis de s'apercevoir que les années n'ont pas altéré les rapports qu'elle entretient avec eux, des rapports parfois vieux de plus de trente ans. Ils s'appellent Marie-Paule Kumps, Laurence Bibot ou encore Nicolas Buysse... Sans ses amis, Nathalie n'a plus de repères. La positive, l'insouciante artiste a besoin d'être canalisée par sa tribu. "Mon mari et moi formons une belle équipe car nous sommes un mélange d'enthousiasme et de sens des responsabilités." Cette énergie, Nathalie le leur rend bien: elle reste une amie fidèle, toujours présente, pour qui le mot "trahison" ne fait pas partie du langage.
J.S. (st.) -
(TBX n° 178, Page 8, paru le 2006-06-15)
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