Il y a deux ou trois ans, Bruno Coppens s'est aperçu qu'une vague zen arrivait sur la Belgique. Feng shui, méditation, tai chi, préceptes orientaux: pour trouver enfin le bonheur, on était prêt à tout.
Au Québec, où il était longuement parti auparavant, il avait senti poindre la même envie. Et ça l'a fait rire. Mais à moitié. "
Les gens se disent qu'ils vont changer en faisant une heure de tai chi, en achetant une méthode de feng shui en dix leçons. Mais sans réflexion globale derrière, ça ne servira pas à grand-chose. L'occidental est trop, et de plus en plus dans "l'avoir", il n'a pas le sens de "l'être". Et moi, le bonheur en kit, ça m'énerve. Et encore plus le fait de vendre du bonheur ". Voilà, c'est dit. Sans acrimonie aucune pourtant, car Bruno Coppens ne sait pas râler... railler par contre, il en connaît un rayon! Et "Bain Zen" avec son héros René, ses ouvertures publiques de chakras, ses acrobaties verbales en disent bien plus long qu'une diatribe vengeresse. Le public suit: l'humoriste fêtera la 200e représentation de son spectacle le 4février! "
avec un invité surprise ", souligne-t-il de sa voix forte d'ex-professeur, tout heureux de remonter sur scène.
Après un passage difficile entre 2001 et 2002 (le cap des quarante ans, une séparation, etc.) durant lequel il écrivit plus que jamais, Bruno Coppens est à nouveau en piste, toujours plus pétillant, toujours aussi étonné de se retrouver là, en haut de l'affiche, toujours rempli de plaisir à l'idée de "se coltiner" avec les mots ("Le Jeu des dictionnaires", "Bla Bla"...) comme avec les notes ("L'Orchestre à la Portée des Enfants") ou avec les villes (Tournai/ Bruxelles, aller, retour, aller-retour...).
En tout cas, il n'y a pas lieu de s'en faire pour son inspiration: s'il pense aussi vite qu'il parle, on en n'a pas fini de si tôt avec ce tendre hurluberlu!
E.W. -
(TBX n° 158, Page 10, paru le 2006-01-26)
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