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La Tribune de Bruxelles n° 151 - Paru le JEUDI 1 DÉCEMBRE



TBX n° : 151
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SPORTS

Muriel Sarkany: une femme d'aplomb

La coupe du monde 2005 d'escalade vient de se clôturer en Slovénie avec en haut de ce dernier mur, une 5e place finale pour Muriel Sarkany. Une saison en demi-teinte pour notre compatriote habituée à truster les cimes des classements mais perturbée cette année par d'importants soucis de santé. " Je n'étais pas prête en avril lors de la 1re manche. Et je n'ai jamais réussi à compenser ce manque de préparation ", explique-t-elle.
A 31 ans, cette saison moins au top n'est pourtant pas de nature à ternir un curriculum vitae impressionnant. Jugez plutôt: quintuple vainqueur de la Coupe du Monde, Championne du Monde en 2003, année où elle réussit le doublé, numéro 1 mondial pendant 4 ans. Muriel Sarkany possède un des plus beaux palmarès du sport belge, dans une discipline qui connaît une évolution inquiétante aux yeux de notre grimpeuse. " Je croise de plus en plus de véritables anorexiques ambulants, des sportifs cadavériques prêts à tous les sacrifices pour perdre du poids, quitte à jouer avec leur santé ".

Reconnue sur le tard


Le poids plume (47 kg et 1m53 pour la Belge) constitue l'atout majeur du grimpeur, avec la souplesse et la force, pour se hisser vers les sommets dans un sport où, à l'exception de titres, il n'y a pas d'argent à gagner. Jusqu'en 2002, malgré le soutien du Club alpin belge qui prend ses frais en charge, c'était d'ailleurs un peu la galère pour Muriel Sarkany.
Cette année-là, suite au lobbying acharné d'un journaliste, la Communauté française va la prendre sous sa tutelle et lui octroie le statut d'élite sportive. Une reconnaissance sur le tard bienvenue après avoir dû faire ses preuves pendant près de 10 ans! " C'est une des raisons qui empêchent les jeunes talents de percer dans notre pays. Avant d'être soutenu, il faut avoir obtenu des résultats. Sans palmarès, pas de soutien. Mais sans aide, difficile de pouvoir s'entraîner convenablement... C'est un cercle vicieux".

Ambassadrice de la grimpe


Le développement de salles a permis d'attirer un nouveau public attiré par le côté sportif de la discipline. Un public différent de celui des falaises où se pratique un sport-nature par excellence? " Le grimpeur, queue de cheval au vent, escaladant la falaise pétard en bouche, c'est un cliché dépassé! ", rigole Muriel. " Personnellement, falaise ou salle, peu m'importe, l'objectif reste le même, décrypter la meilleure voie pour arriver en haut. En falaise, le rocher est d'une seule couleur et les prises sont cachées, alors qu'en salle les voies sont tracées et visibles. Ce sont deux plaisirs différents qui ont chacun leur charme".
Un plaisir que Muriel compte prolonger jusqu'à ce que le corps ou la passion ne suive plus. Et après? " Je passe mon brevet d'entraîneur l'an prochain et j'espère rester dans le milieu en jouant un rôle d'ambassadrice de ce sport au niveau international ", conclut la grimpeuse bruxelloise qui fait la promotion de l'escalade via son asbl Pro Climbing.
MICHEL OTTE
INFOS: www.murielsarkany.com -
(TBX n° 151, Page 7, paru le 2005-12-01)

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