Le dernier conseil des ministres a approuvé le projet de loi sur les procédures de vol concocté par Renaat Landuydt.
Ce texte clarifie les procédures à suivre en cas de modification des procédures de vol pour l'aéroport de Bruxelles-National. Ce projet concerne aussi bien, les vols de jour que de nuit, et les atterrissages comme les décollages. Tout cela, alors que les négociations sur le nouveau plan de vol n'ont toujours pas abouti.
À l'avenir, pour modifier une procédure de vol, les autorités devront d'abord réaliser une étude de sécurité. Selon le ministre, si les résultats de cette étude sur la sécurité sont négatifs, le projet ne pourra aller plus loin.
Ensuite le plan devra passer entre les mains de plusieurs instances d'avis comme Belgocontrol, la Biac ainsi qu'une commission d'avis.
Cette commission doit encore être créée, mais on ne sait pas qui en fera partie. Avant la décision finale, une enquête publique devra encore avoir lieu. À noter que, pour les vols de nuit, ce sont les nuisances sonores qui seront primordiales.
Dernière étape avant sa concrétisation, un passage par le Conseil d'Etat.
L'union belge contre les nuisances sonores, l'UBCNA, a directement réagi. Pour l'association, le gouvernement a décidé de faire passer ce projet en douce. Pourtant, il avait été convenu que son approbation nécessiterait un accord préalable sur la réorganisation des vols entre les deux régions. Pour François Van Hoobrouck, vice-président de l'UBCNA et bourgmestre de Wezembeek-Oppem:
"Ce que le gouvernement fédéral veut faire par ce projet de loi, c'est verrouiller le plan actuel pour éviter toute action juridique. Ce projet de loi cadenasse la situation actuelle défavorable à Bruxelles et l'Oostrand."
Le bourgmestre de Wezembeek-Oppem se demande si une solution pourra encore être trouvée dans ce conflit.
Pour le vice-président de l'UBCNA:
"Il faudrait revenir à des normes de bases connues de tous en ce qui concerne les quotas-count, le vent, l'utilisation des pistes,..." Par contre, le ministre de l'Economie bruxellois, Benoît Cerexhe (Cdh) veut accélérer le processus. Pour lui, il faudrait arriver à un accord avant janvier 2006, sinon on risque de tomber dans les débats préélectoraux communaux.
Le ministre fédéral de la Mobilité va même plus loin. Dans une interview accordée ce lundi dans le journal économique flamand "De Tijd", Renaat Landuyt affirme que les négociations sur le plan de vol ne devraient pas aboutir avant 2008. C'est en effet à cette date que le distributeur de courrier express, DHL, aura quitté l'aéroport national.
Pour le ministre, la situation actuelle ne permettra pas de trouver de solution, les Régions bruxelloise et flamande campent sur leurs positions.
L'ombre de Bert Anciaux plane également sur ce dossier. Même s'il n'est plus assis à la table des négociations, il fait pression. L'ancien ministre fédéral de la Mobilité ne veut pas voir son plan détricoté. Ses intérêts familiaux sont très bien implantés dans le nord de Bruxelles.
Un autre problème qui retarde les négociations: les enjeux économiques. La Flandre a fait de l'aéroport national son deuxième pôle de développement. Elle ne peut donc pas se permettre de lâcher du lest dans ce dossier. Des milliers d'emplois sont en jeu.
La zone de l'aéroport est une des plus prospère du nord du pays.
Les astreintes ne vont pas non plus accélérer les négociations. Car il n'y a pas de consensus entre ministres francophones et flamands au sein du gouvernement bruxellois pour les faire adopter. La Région bruxelloise ne peut brandir cette menace pour faire plier le gouvernement fédéral. Pour lui, les négociations risquent de s'éterniser, à moins que les Flamands ne mettent d'autres dossiers sur la table qui pourraient faire plier les revendications francophones.
Pour François Van Hoobrouck:
"C'est le gouvernement fédéral qui a les plus grandes compétences en la matière. Or il ne bouge pas suffisamment pour sortir de l'impasse."
BENJAMIN CARLIER -
(TBX n° 151, Page 6, paru le 2005-12-01)
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