Avec ses trois maisons dans les Marolles, Nativitas est le rendez-vous des Marolliens les plus démunis. "
Tout a commencé les nuits de Noël, se rappelle Monica, fondatrice de la maison.
Nous étions huit enfants et mes parents avaient toujours une place à table pour les étrangers, seuls ce soir-là. Nous passions la veillée à chanter. Je trouvais ça trop court... Et j'ai voulu élargir la parenthèse, prolonger l'esprit de cette fête à toute l'année, par une porte ouverte, des logements, des douches, des repas complets pour ceux qui n'avaient rien. " Un projet qui, aujourd'hui, accueille chaque jour une soixantaine de personnes à l'heure des repas et une trentaine de pensionnaires occupent les chambres des deux maisons juxtaposées. "
Tout est plein ! Il y a même une liste d'attente de plus de 400 personnes."
On entre dans Nativitas, située en plein coeur des Marolles, comme dans un moulin. On s'y sent bien, c'est familial. Il y règne une grande chaleur humaine. "
Mais ce n'est pas une maison de bonnes oeuvres, j'ai horreur de çà ! " continue cette petite dame pleine de vie.
Rien n'est gratuit, même si les gens qui s'y rendent, en majorité des Bruxellois, ne payent qu'un prix symbolique. 2euro, un repas complet, 50 cents une soupe, quelques cents la bière... Par respect de la dignité humaine, confie-t-elle.
A 74 ans, Monica Nève accumule les casquettes.
"Je suis chef d'orchestre et musicienne, en fait. J'ai aussi un diplôme d'histoire de l'art. Mais, je voulais devenir missionnaire. Un prêtre m'a persuadée de me marier et de devenir laïque engagée. Ce que j'ai fait."
Comme Monica l'explique sans timidité, si elle a réussi à monter cette entreprise, c'est qu'elle est d'abord animée d'une lumière intérieure, celle de la philosophie du coeur que lui a enseignée le christianisme, les Ecritures. C'est cette foi qui lui permet de rayonner parmi ceux qui ne croient pas comme elle. Et elle les entraîne avec feu et foi dans ses chorales, concerts... qui lui permettent également de vivre financièrement. "
La chorale de Nativitas est une de nos principales sources de revenus. Le concert de la Fête des Fleurs que nous donnons en juin nous permet de vivre pendant trois mois. " Mais il y a aussi les dons, la Banque alimentaire, et de nombreux bénévoles, toujours en nombre insuffisant... "
Nous avons continuellement besoin de petites mains pour faire la cuisine les weeks-ends, pour conduire et transporter de la nourriture... "
Confiante, elle poursuit ses projets. Une nouvelle maison s'est ouverte, à quelques pas des deux autres : la Flûte enchantée. Celle ci accueille des cours de français et néerlandais, des expositions et des ateliers pour apprendre à enrayer les conflits... "
Je rêverais de disposer d'une maison de plus dans ce quartier dont je suis amoureuse. J'aimerais pouvoir y loger plus de personnes encore, et ouvrir une petite brocante au rez pour vendre ce que nous recevons." Un projet de plus qui s'ajoute à ceux plus utopiques encore d'ouvrir, avec l'aide d'une religieuse vietnamienne et d'autres, des maisons Nativitas au Vietnam et au Liban. Mais qui se réalisera sûrement avec le même enthousiasme.
LAURE D'OULTREMONT
PRATIQUE: Nativitas asbl, rue Haute, 116/118 - 1000 Bruxelles. Tél.: 02/3756905. Compte: 310-1303014-02. -
(TBX n° 144, Page 22, paru le 2005-10-13)
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