logo tbx La Tribune de Bruxelles

La Tribune de Bruxelles n° 114 - Paru le JEUDI 3 MARS



TBX n° : 114
DOWNLOAD PDF

LIVRES

Grégoire Polet révélé par Gallimard

A 26 ans, Grégoire écrit son premier roman, le premier dévoilé au public. Mais ça fait plus de 10 ans que ce littéraire mûrit son écriture. "J'écris avec sérieux de la poésie depuis que j'ai quinze ans. Nous nous retrouvions entre amis avec chacun son art, musique, sculpture, dessin... et nous partagions nos "oeuvres". Elles n'avaient rien de vraiment génial, mais nous nous encouragions. Vers 18, 19 ans, je me suis lancé dans des pièces de théâtre. Mais en privé..."
Les années du lycée passent et le jeune homme poursuit sa passion en commençant des études de langues et littérature romanes. Pour approfondir sa thèse en littérature espagnole comparée, il part 14mois à Madrid avec le soutien du Fonds national de la Recherche scientifique, et c'est là qu'il rédige Madrid ne dort pas, entre les heures passées à la bibliothèque et la naissance de son fils.
Parce que, à 26 ans, le jeune Polet accumule déjà les casquettes: mari, père, chercheur et écrivain. Et ces deux dernières, il les échange facilement, avec coeur et maturité. " L'écriture, je l'ai tout le temps en tête bien qu'elle soit très différente pour la rédaction d'une thèse ou d'un roman. Celle du roman a cela en plus qu'on ne sait pas ce qu'on va faire. La création, c'est gratuit, et c'est une bulle d'oxygène; la thèse est bien entendu plus contraignante. Elles ont néanmoins en commun ceci: la lecture. "
Et les livres qui envahissent son appartement du bas de la ville continuent à nourrir sa créativité littéraire: Grégoire se consacre à un prochain roman, dont la trame se déroule à Bruxelles cette fois.

24h de la vie d'une ville


Si Madrid a été le lieu de rédaction du roman, cette ville en est aussi une des héroïnes principales. L'auteur attache beaucoup d'importance aux lieux dans lequel se déroule l'action. Ruelles, cafés, opéra, métro... ces endroits madrilènes décrits avec minutie matérialisent la grande cité et en font une actrice. Le roman, distribué comme une partie de cartes, est construit d'une main experte. "J'avais déjà écrit une nouvelle de la même facture. Je trouvais intéressant cette manière de voir, cette façon d'élargir l'objectif sur un espace plutôt que de zoomer dans le temps. "
Et c'est donc muni de sa plume qu'il photographie des tranches de vie insolites d'âmes qui, ailleurs, passeraient inaperçues: une vieille clocharde; une aveugle qui vend des billets de loterie; un écrivain, Philippe Couvreur, en mal d'éditeur... Et tous ces personnages, pris au hasard des ruelles madrilènes, se rencontrent, se retrouvent ou ne font que se croiser... Mais chacune de ces destinées est nécessaire, essentielle comme ces rues et ces murs qui construisent, ensemble, une ville. Vivement qu'il nous fasse découvrir Bruxelles de cette belle manière!
LAURA STRAW
PRATIQUE: "Madrid ne dort pas", Gallimard, 217 p., 16,50euro. -
(TBX n° 114, Page 36, paru le 2005-03-03)

Retour au Sommaire du n° : 114