Bruits de battements d'ailes. Les yeux ronds, les députés regardent les six ou sept pigeons en vol... dans une salle de commission du Parlement bruxellois.
"Nous ne serons plus pigeons!" clame un des lanceurs d'oiseaux depuis les bancs du public. Avant de se faire éjecter. C'était le 28 février 2000.
"Vous rigolez, mais moi, j'ai dû nettoyer les déjections. Il y en avait partout!", se plaint une huissière. Sa chef sourit:
"Ça me rappelle ce jeune huissier rougissant. Il avait entendu en séance: "il faudrait des glaçons pour rafraîchir M.Chabert", lequel était très énervé... Et il lui en avait apporté! Tout le monde a bien ri."
"Ici, c'est jovial. Les députés sont plus amicaux qu'au Sénat où ils sont très "protocole"", raconte l'ancien huissier en chef, pensionné en février dernier. Il est venu pour le drink de fin de législature en ce vendredi 7 mai, même si une dernière séance est prévue le lundi. L'assemblée en profite pour applaudir les dames, indépendantes, qui pendant des années ont assuré la transcription des comptes-rendus. Désormais un nouveau service, interne, se chargera de cette mission. Ce qui monte le personnel de l'institution à environ 110 personnes.
"Pour nous, maintenant, ça va être plus calme, explique l'huissière en chef.
Mais ça va reprendre après les élections: nous devront être là pour les négociations liées à la formation du gouvernement." Son équipe compte 18 huissiers. Indissociables du Parlement, ils se plient en quatre pour répondre aux souhaits des députés. Ils apportent les documents, servent le café, font l'accueil...
"On n'a pas d'horaire, tout change à la dernière minute, on suit le rythme des élus. En 15 ans, le travail a augmenté. Il y a plus de réunions, de commissions et de visites qu'avant."
Mais aussi plus de confort. Car pendant ses premières années, le Parlement a squatté à gauche et à droite. Depuis 1999, il est dans ses propres murs, rue du Lombard, mais connaît toujours l'un ou l'autre chantier en cours. Dernier en date: l'ajout de 14 places de députés dans l'hémicycle (lire p.7).
"Pour les bureaux supplémentaires, on récupérera fin 2005 les locaux occupés par l'assemblée de la VGC qui attend que son bâtiment soit terminé", explique Michel Beerlandt, directeur des services généraux. D'ici là?
"On verra s'il faut louer des locaux. Actuellement on travaille sur un statu quo." Il est vrai qu'à Bruxelles, beaucoup de députés sont échevin ou bourgmestre, et de ce fait ne revendiquent pas de bureau car ils en ont un dans leur commune.
Autre chantier en route, celui d'un jardin entre le Parlement et les futurs bureaux de la VGC. Il sera inauguré à la rentrée 2005.
"Il y aura en sous-sol une vingtaine de places de parking. Cela permettra de libérer la cour d'honneur côté rue du Chêne et de l'embellir." Cette cour est dans la partie la plus ancienne du Parlement. A l'image de Bruxelles, les 20000m2 de l'institution sont répartis entre des "couches" de constructions successives: l'hémicycle-vaisseau spatial est posé au sommet de l'ancien palais provincial, lui même ajouté à l'ex-hôtel de Limminghe, l'ensemble annexant des bâtiments voisins...
Reste, voisine, une parcelle en friche: la Cocof doit y bâtir son siège, mais la décision tarde.
"L'ennui, c'est que la construction de la rampe d'accès vers nos parkings doit être intégrée dans ce projet", précise M. Beerlandt. Parkings qui restent donc inaccessibles... -
(TBX n° 077, Page 6, paru le 2004-06-10)
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