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La Tribune de Bruxelles n° 077 - Paru le JEUDI 10 JUIN



TBX n° : 077
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ACTUALITÉ

Les campus universitaires tombent en ruine

Un comble: des étudiants de l'Université libre de Bruxelles ont été déplacés en plein examen ce 2 juin... Pour cause d'intempéries dans l'auditoire Janson, lieu culte de l'ULB. L'anecdote peut paraître amusante. Mais ce toit percé reflète une situation plus grave, qui touche tous nos campus. "Notre partie immobilière est sous-financée, explique Jean-Luc Mahieu, directeur de l'infrastructure à l'ULB. On prend chaque année du retard dans l'entretien et la vétusté s'aggrave."
En pratique, l'ULB reçoit 1,5 million d'euros chaque année de la Communauté française pour entretenir ses campus. "Pour 400000m2 de locaux et 100ha d'abords, c'est peu. Notre priorité est de rester dans les normes de sécurité. Il ne reste plus grand-chose après pour les parachèvements", dénonce le directeur. L'ULB souffre aussi d'un manque de place, surtout pour les sciences humaines. "Globalement, nous avons 18m 2 par étudiant. C'est inférieur à Liège et l'UCL. Dans certaines facs, la moyenne descend encore. Et nos plans d'agrandissement sont irréalisables actuellement."

De maigres projets


Aux Facultés universitaires Saint-Louis (FUSL) de Bruxelles, même cri d'alarme. "Jusqu'en 1998, les universités avaient une dotation pour leurs constructions et rénovations lourde s, explique Jean-Paul Lambert, recteur. Depuis, nos institutions n'ont plus reçu un euro pour ce poste, vu la situation de la Communauté française." Pendant cette période de vaches maigres, les universités ont fait le bilan de leurs besoins en la matière. "Nous en sommes à 250 millions d'euros en Communauté française, note le recteur. Le nouveau décret "de Bologne" prévoit un peu d'argent. Mais il table sur 56 millions, un cinquième des besoins!"
Conclusion, chaque école réfléchit aujourd'hui à ce qu'elle fera de cette "modeste" somme. "Vu l'incendie de janvier qui a détruit notre plus ancien bâtiment, nous devons le reconstruire. L'argent de la Communauté permettra de concevoir un immeuble plus moderne qui accueillera plus d'étudiants." Un petit soulagement pour les 1700 étudiants qui occupent 9000m2 de locaux.
Toutefois, si ce constat immobilier touche le quotidien des étudiants de tout le supérieur, ce n'est que la partie visible de l'iceberg. "Le problème est plus large. Lorsqu'un jeune diplômé se lance dans la recherche, il ne sait pas où il va. Sa fonction est instable, note Pierre Van Den Dungen, assistant-chercheur à l'ULB. Nous avons respecté nos engagements par rapport au processus de Bologne. Mais nous n'avons obtenu qu'un quart de l'argent promis."

Signer pour la recherche


Corps scientifique et autorités académiques ont donc remis ce 5 juin une pétition de 12000 signatures au ministre-Président de la Communauté française Hervé Hasquin (MR). Ils réclament un plan d'embauche des chercheurs, un programme de réinvestissement public dans la recherche et une planification des rénovations des infrastructures. Lors de cette rencontre, M.Hasquin a signé le document et a insisté sur les efforts réalisés sous la présente législature en matière d'enseignement supérieur et de recherche... Il restera toutefois du pain sur la planche, après le 13 juin. -
(TBX n° 077, Page 2, paru le 2004-06-10)

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