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C'est le bon moment pour l'Impro avec Fred Nyssen


Cabotinage : Pénalité des jouteurs qui placent des mots ou des actes pour s’attirer les faveurs du public mais qui n’ont rien à voir avec la situation ou qui ne font pas avancer le jeu. Pénalité des équipes qui envoient toujours les mêmes jouteurs ou qui développent systématiquement la même stratégie.(Ph. Aude Van Lathem)


Si vous vous êtes déjà rendu à un match de la Ligue d’Impro, vous ne pouvez pas être passé à côté du capitaine Frédéric Nyssen.

Cible préférée des arbitres, le jouteur Nyssen aime jouer avec le public - avec son public - n’hésitant pas à commettre quelques fautes en échange d’éclats de rire. Terminant bien souvent aux vestiaires pour ces nombreux cabotinages, le numéro 9 des « Rouches » sait gagner les faveurs du public et de l’étoileur à défaut de celles de l’arbitre.

Vous avez un agenda plutôt bien chargé…
Oui, je suis jouteur à la Ligue d’impro ; je fais partie d’Appel au public. Et je joue en ce moment Cendrillon dans la pièce de Sébastien Ministru « Cendrillon, ce macho ! » Je serai également à l’affiche de « Tango au bord de l’eau » au Théâtre Jean Vilar cet été.

Vous n’avez jamais eu envie de faire du cinéma ?
Si évidemment ! Mais en Belgique ce n’est pas évident. Il n’y a pas d’agents, pas de star system. On a toujours des seconds rôles, parfois des rôles où on ne nous voit même pas. Je fais quand même des courts métrages et on vient de tourner un pilote qu’on aimerait bien proposer à la RTBF qui s’appelle « La régente ». Ce sont des capsules qui parlent d’actualité sur un ton humoristique, façon « Kamelot ».

Qu’est-ce qui vous amuse dans l’impro…à part cabotiner ?
(Rires) Pourquoi tout le monde dit que je cabotine ? Je ne cabotine pas. Bon allez un petit peu parfois mais les gens aiment bien ça. Ils aiment rigoler. Avec l’impro, tout fonctionne en même temps : si le public est avec toi, l’impro fonctionne bien, l’arbitre est bon et l’ambiance est là. Tu sais tout faire, tout interpréter, tout te permettre.

Quelle est la différence entre la ligue et appel au public ?
A La ligue d’impro, il y a des règles. Pour appel au public, on peut cabotiner. Il n’y a pas de joutes donc chaque comédien vient pour faire avancer l’histoire. Avec un arbitre tu as toujours des contraintes, tu dois faire un peu attention à ce que tu fais.

C’est souvent la guerre avec l’arbitre…
C’est vrai que je suis cabotin et j’essaie d’avoir le public avec moi. Ils ont payé 15 euros, ils ont envie de s’amuser donc tu lâches des grosses vannes, tu fais un peu le pitre et ça fonctionne. Et je ne suis pas le seul… C’est un jeu avec les arbitres aussi. C’est un vrai show un match d’impro.

Vous êtes également marionnettiste et bonimenteur…
Je suis marionnettiste au Tof Théâtre ; ce sont des marionnettes grandeur nature. Ils font beaucoup de spectacles pour enfants. Il y a un mécanisme qui les fait marcher et j’accompagne les marionnettes. C’est un peu plus réel que les marionnettes classiques. On a fait le tour du monde avec cette compagnie : au brésil, au Vietnam,… Les marionnettes je trouve ça beau et touchant, je vais peut-être recommencer un spectacle avec eux. Ce qui est génial c’est que tu deviens un peu schizophrénique, tu as l’impression que la marionnette vit. Elle t’appartient, tu veux que personne n’y touche. C’est très spécial.

« Cendrillon, ce macho ! » se termine le 14 février…content d’avoir signé ?
Ah oui ! ça fait 10 ans que je travaille et je n’ai jamais vu une pièce qui fonctionne autant. Sébastien a très bien écrit sa pièce, c’est bien mis en scène, on lui rend bien la pièce. Maman et ses filles font la différence avec les moments de chants. Ça fait deux ans que c’est complet, c’est génial ! On reprend l’année prochaine pendant un mois. J’ai peur qu’après deux ans, ça ne fasse pas mouche comme les deux précédentes saisons. Je n’ai pas envie de terminer Cendrillon avec vingt personnes dans la salle.


www.ligueimpro.be, www.atelier210.be


MAILYS CHARLIER