Philippe Blasband : une rétrospective et un nouveau film !
Monteur de cinéma à l’origine, Philippe Blasband s’est vite tourné vers l’écriture.(Ph B. Maindiaux)
A l’occasion de la sortie de son quatrième film, Flagey consacre une jolie rétrospective à Philippe Blasband. Un auteur prolixeà découvrir aussi dans une “autofiction” très drôle sur son site web.
Le 15 septembre sort en salle “Maternelle”, votre nouveau film qui aborde les rapports mère/fille… Les relations filiales vous passionnent ?
On peut dire que je suis fasciné par la relation mère/fille. C’est immanquablement plus intéressant que le rapport entre un père et son fils. Il y a de l’amour mais aussi de la compétition, une certaine concurrence inavouée. Ça ne peut être qu’intéressant pour raconter une histoire et c’est le point de départ de ce film.
Parlez-nous de “Maternelle”.
Viviane est institutrice, elle a une fille. En fait, elle a du mal à prendre sa place de mère, car sa maman est morte quand elle était bébé, elle a donc été absente de sa vie et elle n’a pas eu l’expérience d’être une fille. Elle se comporte donc comme une copine. Elle a un côté très infantile et se sent en concurrence avec elle. Et un jour, le fantôme de sa mère va arriver dans sa vie…
C’est Anne Girouard que l’on voit dans Kamelott qui joue le rôle de la mère.
Quand j’ai commencé à écrire le film, je pensais à elle. Elle est formidable en Guenièvre dans Kamelott, il fallait juste que je vérifie si son accent dans la série était vrai ou non ! (rires). C’est Aylin qui joue Viviane, même si je ne pensais pas à elle au départ, cela s’est imposé par la suite. C’était intéressant cela rajoute un niveau en plus à l’histoire puisque la mère est plus jeune que sa fille : Viviane la voit comme elle l’a vue la dernière fois : elle était une petite fille devant sa mère mourante…
Dans tous vos films et vos pièces, on retrouve souvent les mêmes comédiens.
Oui, car ce sont de très bons comédiens ! Mais c’est vrai que j’aime l’idée de troupe. Le théâtre a un côté éphémère que je trouve triste : une fois que la dernière est passée, il ne reste rien d’une pièce qui est une aventure unique. Alors j’aime qu’il reste des traces de ces comédiens-là à travers des films.
Une rétrospective de vos œuvres, ça vous fait plaisir ?
J’espère surtout que cela fera plaisir aux spectateurs ! Pour ma part, je ne peux pas revoir mes films. D’abord parce que je les ai vus avec un œil pro des centaines de fois et ensuite parce que je ne retrouverai jamais les émotions de l’époque, donc ça n’ira forcément pas…
Vous avez créé un rendez-vous très curieux sur votre site www.blasband.be. Un faux journal de votre vie ! (Philippe Blasband écrit sur sa vie… qui n’est pas tout à fait la sienne, allez voir, c’est très drôle… ndlr.)
J’étais très intéressé par l’autofiction de certains auteurs français mais finalement, c’est de l’autobiographie pure. Moi, j’avais envie de me mettre en scène dans une vie qui pourrait être la mienne avec pas mal de différences quand même : je ne suis pas roux, je ne suis pas grand, je ne suis pas de droite ! Et j’ai deux fils, pas des filles… Je ne suis pas divorcé, ça énerve beaucoup ma femme d’ailleurs. Et… Je ne suis pas un super-héros même si je les aime beaucoup ! (Rires). Je prends plaisir à écrire tout ça. C’est intéressant de se mettre soi-même en scène d’une certaine manière. On verra bien ce que j’en ferais à long terme…
E.W.