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Bruxelles fait l'actrice



Le 6 septembre à 19h30. Philippe Reynaert et Jan Temmerman présenteront “Far West”,
le film de Jacques Brel sorti en 1973.



Belgorama, le rendez-vous avec les films belges proposé par la Cinematek, débute
ce 1er septembre autour d’un thème diablement d’actualité : Bruxelles. Et la ville se fait actrice…

Belgorama en est déjà à son 11e chapitre et en ce mois de septembre rempli de BHV et d’interrogations institutionnelles, c’est Bruxelles qui a servi de fil rouge à la recherche opérée par les journalistes cinéphiles Philippe Reynaert et Jan Temmerman. Quatorze films avec des lieux, des situations, des personnages, des intrigues, des manières de filmer très différents mais qui tous mettent Bruxelles au premier plan et non comme un décor sans importance.
Une invite à la redécouverte que nous avons fait avec Philippe Reynaert pour guide.

Il y avait du choix ?
C’est la première fois que l’on thématise sur une ville. A l’inverse des autres thèmes, il a fallu élaguer car il y a beaucoup de films où l’on voit Bruxelles. On s’est mis comme limite : pas de film de plus de 40 ans, pour ne pas devoir prendre les grands classiques comme “Le mariage de Mademoiselle Beulemans” ou “Un Soir de joie”, des films bruxellois en diable mais avec une approche plus historique…

Il y a une différence de vue entre les films selon qu’ils soient flamands ou francophones ?
C’est très différent, oui ! Un exemple : “Brussels by Night” de Marc Didden aborde un Bruxelles underground, très “branché” qu’on n’aborde pas du côté francophone.

Vous y avez retenu un film de Jacques Brel, Far West.
C’est une vraie curiosité, d’abord par l’histoire qu’il développe, inspirée par les fils de Luis Bunuel. Les héros se rendent au Far West, qui n’est autre que Bruxelles et environs, les mines en étant les Rocheuses par exemple… On y voit une scène marquante qui se passe sur le boulevard Léopold II, comme on ne peut plus le voir puisque c’est tourné depuis le viaduc provisoire ! J’aime bien ce film, avec un Jacques Brel dans la démesure, et plein d’amour pour Bruxelles !

Votre coup de cœur dans cette sélection ?
C’est “Home Sweet Home” de Benoît Lamy, une insurrection du troisième âge dans le décor haut en couleur d’une maison de retraite avec des pensionnaires parlant le brusseleir ! Ils donnent la réplique à Claude Jade et Jacques Perrin, de vraies stars françaises en 1973 ! Le contraste est très drôle. Il y a une vraie fraîcheur dans ce film, il tient bien la route 37 ans après
!
L’ovni du lot, selon vous ?
“Toute une nuit” de Chantal Akerman. Tous ses films quasiment se passent à Bruxelles, elle se devait d’être présente. Ce film, peu connu, se passe une nuit de grande chaleur. C’est comme si la caméra se baladait dans la ville, et rentrait dans des histoires d’amour, de passion, de jalousies,…. Un vrai patchwork qui donne de Bruxelles une image de ville du Sud, c’est beau.

Le film qui mérite d’être découvert ?
Pour moi, c’est “Hop !”, un film de Dominique Standaert qui n’a pas eu sa chance à sa sortie en 2003. C’est un film attachant autour d’un petit garçon africain arrivé à Bruxelles qui va se débrouiller avec l’aide d’un vieil anar pour faire libérer son père qui doit être reconduit à la frontière. Avec l’Atomium dans toute sa splendeur…

Et le Manneken-Pis alors ?
Un film francophone en forme de documentaire documenté “L’Enfant qui pleut” et une fiction de Frank Van Passel autour des amours bruxelloises d’un plongeur de restaurant et d’une conductrice de tram. Récompensé par trois fois à Cannes à sa sortie en 1995.

On voit Bruxelles dans ces 14 films, la ville a changé ?
C’est incroyable ! Les quartiers changent sans cesse, des choses apparaissent, disparaissent et chacun a sa façon de l’aborder, ce qui donne une sacrée mosaïque urbaine…


E.W.